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FFI CHER NORD
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1 janvier 2000

Papy Georges 8

les mémoires de Papy Georges 8. maquis 2.

Le Maquis FFI-CHER-Nord 2.

 

Au fur et à mesure au camp, il y avait bien trop de monde, donc il a fallu se séparer en deux groupes de vingt personnes. Ceux qui restaient au camp s’appelaient le groupe «SEBASTOPOL » et moi je fis partie du second groupe qui s’appela « 18 JUIN 40 ».

Le second groupe partit donc vers une autre cabane de vigne, à un kilomètre de là avec une partie du matériel au milieu des vignes du Prince D’ARENBERG. Le jour, nous étions tous couchés et le travail ne pouvait s’effectuer qu’à la tombée de la nuit.

Un midi, trois employées qui travaillaient dans les vignes du Prince se rendaient à la baraque pour déjeuner. Quand elles virent le tableau et toutes ces armes, elles ont rebroussé chemin à vive allure.

Moi, je les connaissais, alors nous avons décidé de déménager de nouveau et nous avons appelé Pierrot NOURISSET, boucher à St Martin d’Auxigny, il nous a envoyé son commis Paul AUPEPIN, son cheval et une bétaillère pour transporter nos armes, ustensiles de cuisine et lits. Nous avons emprunté de petites routes et traversé la forêt pour ne pas rencontrer les Allemands ou des Miliciens et nous nous dirigions vers Quantilly.


Nous étions en vélos. Arrivés à notre futur camp, nous constatons que c’est une ancienne maison dans le bois aux « Glandons », 100 mètres avant la route des « Foyards », couverte d’épines. Nous avons alors pris la serpe pour dégager la porte et nettoyer l’intérieur. Pendant la nuit, nous sommes allés sur la ligne de chemin de fer aux « Fontinettes» couper des poteaux ainsi que des fils téléphoniques pour freiner les Allemands. Nous y sommes retournés une autre fois pour faire sauter le pont sur la ligne où passait le train d’Henrichemont.

 

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1 janvier 2000

Papy Georges 6

les mémoires de Papy Georges 6. boulanger

De Menetou à Saint Martin…

De Menetou à Saint Martin.

Un jour, Monsieur PASDELOUP, boulanger à Saint-Martin vint me voir et me dit « tu es boulanger, tu travailles chez un boucher, moi je n’ai plus d’ouvrier donc il faut que tu viennes chez moi ».

Je lui réponds, oui mais « si vous me laissez votre boulangerie en gérance dans trois mois » .

Au bout de ce laps de temps, je lui en reparle et il m’informe qu’il avait promis sa boulangerie à Monsieur MALLET, son ancien ouvrier qui était actuellement en java.

Je lui réponds « c’est fini, puisque c’est comme ça, je pars au maquis ce soir, et, le même jour, je suis allé voir Pierrot NOURISSET, un boucher qui s’occupait des incorporations au maquis.

 

1 janvier 2000

Papy Georges 5

les mémoires de Papy Georges 5. retour

Le retour au bercail…

 

Le retour.

Au bout de quinze jours, la peur m’envahit de nouveau et j’ai écrit à ma mère pour qu’elle demande un certificat au docteur DELAMARRE pour dire qu’elle était gravement malade.

C’était difficile car tous ceux qui partaient ne revenaient pas tous. Une semaine après, j’ai obtenu une permission et je suis rentré à BOURGES, le 14 juillet 1943 à midi.

Je profite de mes huit jours de permission et je suis allé me promener avec ma copine, aujourd’hui Mamy.

 

A la fin de cette permission, j’ai pris le maquis à la ferme de Sabot à QUANTTLLY chez Monsieur GUILLAUDEAU, Boucher à Menetou-Salon pendant 6 mois.

Je couchais dans une ancienne boulangerie, les basse-couriers étaient M et Mme Fernand JACQUET, son épouse s’appelait Louise.

Je soignais les bœufs à l’étable et le troupeau était composé de 50 magnifiques têtes dont une partie se trouvait également dans les prés.

 

Au bout de six mois, Marcel GUILLAUDEAU me demanda d’aller à Menetou-Salon pour travailler à l’abattoir car il n’avait qu’un commis à l’époque qui se prénommait Joanès.

Je me suis donc rendu à cet abattoir et trois fois par semaine nous tuions un bœuf, deux veaux, trois moutons. Il y avait des contrôleurs de viande, d’épicerie et de vin et tout se vendait avec des tickets.

Moi étant réfractaire, je ne recevais pas de tickets d’alimentation, toutefois, ma copine Jeannette, Mamie aujourd’hui, travaillait à la Mairie de Menetou-Salon et elle m’en donnait.

Marcel GUILLAUDEAU vendait de la viande à tout le monde, à la police de Bourges, aux gens de la gare, même aux Allemands, etc ……

A tout moment, j’avais peur de les rencontrer dans la cour de ce boucher. Je travaillais seulement pour pouvoir me nourrir et c’était très dur d’apprendre ce nouveau métier.

 

1 janvier 2000

Papy Georges 3

les mémoires de Papy Georges 3. après certif.

Après le Certif’

 

Dès le CERTIFICAT D‘ETUDES PASSE, J’AI TROUVE DU TRAVAIL.

 

Au lendemain de l’examen, ce n’était pas la même époque qu’aujourd’hui, j’ai pris ma musette avec quelques vêtements et chaussé de sabots, je suis parti travailler à Vasselay.

Je suis resté chez Monsieur Louis JACQUET pendant six mois dans la culture malgré mon très jeune âge. Je me souviens, il me faisait labourer le pourtour des pommiers et comme je n’étais pas bien haut, j’avais des difficultés pour mettre le collier du cheval.

Puis les 6 mois suivants, je suis parti chez son fils à St Martin d’Auxigny « la maison JACQUET VILLAUDY » agriculteur du 1er juin 1936 au 30 novembre 1937 où j’ai poursuivi comme ouvrier pendant trois ans.

C’est de là que ma retraite démarre car il payait les charges à la Mutualité Agricole.

Ensuite je suis parti à Menetou-Salon pour un apprentissage de trois ans de boulanger. J’y suis resté 7 ans, chez Monsieur PELOILLE. C’était une vieille boulangerie.

A l’époque il n’y avait pas l’eau courante, on avait un fût de 100 litres monté sur des roues et des seaux de 20 litres. Le puit était à 150 m. On employait 200 litres d’eau par jour pour le fournil, et l’après midi on allait dans la forêt faire de la charbonnette, car on chauffait le four au bois.

Pour la guerre, le patron fût mobilisé à Nevers pour garder un dépôt de carburant. Il rentrait le dimanche et à ce moment, on faisait du pain le dimanche matin et il y avait des tournées en campagne trois fois par semaine avec une carriole et un cheval, je n’avais pas beaucoup de temps pour mes plaisirs, car j’étais seul pour faire le pain.

Une dizaine d’années plus tard nous étions mariés, Mamy et moi.

Je travaillais dans la forêt quand les gendarmes de St Martin d’Auxigny m’ont apporté un ordre de réquisition de l’armée allemande, le 9 mars 1943.

Toute la classe 1942 devait s’y rendre pour remplacer les soldats mobilisés en 1943 au titre du service du travail obligatoire (STO).

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Service_du_travail_obligatoire

 

1 janvier 2000

Papy Georges 11

les mémoires de Papy Georges 11. le maquis d’Ivoy.

Le maquis d’Ivoy

C’est à la ferme de « la Barronnerie » que nous récupérions du lait, des légumes et de l’épicerie et le pain c’était à Ivoy le Pré.

Puis nous sommes partis quatre en vélo jusqu’à la Chapelle d’Angillon chez Monsieur MILLET, entrepreneur de battage afin de réquisitionner quatre bâches. Pendant ce temps, les autres ont coupé des perches et les ont disposées en arrondi, dès notre retour nous avons couvert les perches avec les bâches.

Les fougères servaient à faire des lits, ainsi nous pouvions loger quarante personnes.
Le triage était d’une vingtaine d’hommes, à mesure du recrutement d’effectifs envoyés par les civils faisant de la résistance.

Les groupes de vingt hommes se formaient et déménageaient à cinq ou six kilomètres du camp car en cas de trahison il ne fallait pas que tout le monde tombe dans le même piège.

Chaque maquisard prenait un nom, autre que le sien.
Rodrigue, Laurel, Hardy quant au mien c’était Spada.


De temps en temps, un grand visiteur arrivait au camp en vélo, vêtu d’un costume gris, béret basque, lunettes noires. Par la suite, nous avons appris que c’était le Colonel COLOMB. Il apportait les ordres et prévenait des déplacements allemands pour les attaques.

Les rabatteurs des Allemands cherchaient à découvrir et à démasquer le Maquis: une dame POINTEAU d’Aubigny, complice de Paoli de la Gestapo, venait acheter des canards au « Gué Bernaud » mais bien vite, elle n’est pas revenue.

Et ce fut l’époque massive des rentrées au Maquis, au fur et à mesure que l’occupant se faisait plus méchant avec la déportation, les parachutages commencèrent aux environs du « Gué de la Pierre« , site très éloigné des villes.

 

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1 janvier 2000

Papy Georges 18

les mémoires de Papy Georges 18. 14 Juillet Menetou.

Le 14 Juillet 44 à Menetou

Un petit oubli, le jour du 14 juillet, fête de la Victoire à Menetou-Salon, la municipalité déposa une gerbe au monument aux morts le matin, et comme Menetou était toujours occupé par les allemands, ces derniers passèrent devant ce monument, retirèrent cette gerbe et la déposèrent derrière ce monument pour en mettre une autre à la place.

A 18 heures pétantes, à notre tour, nous retirions la gerbe des Allemands et nous remettions la nôtre à la place, avec cette inscription

« aux vainqueurs d’hier les vainqueurs de demain »

La sonnerie « aux morts » fut exécutée par le Sergent NEUILLY dit « Neuneu » pendant que le lieutenant BARDY et ses hommes prenaient position sur les principaux axes avec des armes pour parer à toute éventualité. Le groupe du lieutenant était formé de Murat, Neuilly, Fluteau, Camuzat, Surson, Lasnier, Lecêtre, Nourisset et Canon. Nous sommes repartis à toute jambe par la mairie et les vignes.

Je demande à être excusé pour ceux que je n’aurai pas cités.

Nous étions fin septembre et j’ai regagné mon foyer à Bourgneuf car il était temps de travailler pour gagner un peu d’argent. Nous étions plusieurs à avoir choisi de rentrer et les autres se sont engagés dans la 34eme demi-brigade pour aller à Royan ou il y avait encore une poche d’Allemands.

suite

 

1 janvier 2000

BARDY BERRY

 

"MALGRE LES CHAINES ET LE BATAILLON

QUI TIENNENT LA NATION

EN SERVITUDE,

MILLE TEMOIGNAGES,

VENUS DU PLUS PROFOND D'ELLE-MEME,

FONT APERCEVOIR SON DESIR

ET ENTENDRE SON ESPERANCE"

(Extrait de la déclaration du Général DE GAULLE, publiée en FRANCE dans les journaux clandestins le 23 JUIN 1942.

Le récit qui va suivre n'est pas l'un des mille témoignages par lesquels le Général DE GAULLE entend la voix de la FRANCE...

Il n'est que la modeste contribution apportée par un homme, par une équipe dont la seule ambition fut de chasser l'ennemi pour restaurer la nation dans son intégrité, sa grandeur, son honneur.

Que chacun de ceux qui contribuèrent à cette grande entreprise soit ici remercié.

ils étaient des passionnés de la vengeance et ils ont vaincu...

 

==1==

HISTORIQUE D'UN RESEAU DE LA RESISTANCE

Le 24 Juillet 1940, le soldat BARDY du 31ème Régiment d'Infanterie 1er bataillon , s'évade du stalag où il était prisonnier depuis le 11 juin et revient à Menetou-Salon au village de DAVET où il a sa famille. Il part le 17 Août pour Saint-Amand-Montrond et avant de passer la ligne de démarcation à RAYMOND, il est accosté par six prisonniers français occupés aux travaux des champs dans la ferme d'Ondrée. Après contact, il emportera une lettre à la famille de l'un d'eux à DUN/AURON (Cher).

 

Dans la ferme de M. FERRAND à RAYMOND, il rencontre un autre soldat français évadé et qui se cache. Après l'avoir réconforté, il l'aide à traverser la ligne au nez et à la barbe de la garde allemande. Après avoir été démobilisé au centre mobilisateur de St Amand, il repasse la ligne le 18 août et revient à la ferme de M. FERRAND. Le sort en a décidé...

Cette ferme servirait de passage clandestin à tous les évadés de le zone occupée et M.FERRAND verra passer chez lui un grand nombre de français qui refusent de subir le joug de l'ennemi.

 

BARDY retrouve les six prisonniers qu'il avait vus à l'aller, leur remet la réponse et leur indique les passes possibles pour rejoindre la zone libre; ce qu'ils feront le 20 Août. Il   pense déjà aux moyens qu'il pourra utiliser pour faire face à l'occupant qui, pour lui, est toujours l'ennemi.

 

Malheureusement, la FRANCE est traumatisée par les événements de Juin et la résistance n'a pas encore l'organisation qu'elle connaîtra plus tard. Son action se situera donc dans l'aide qu'il pourra apporter à d'autres prisonniers qui s'évadent ainsi qu'aux civils qui fuient la zone occupée et désirent passer en zone libre.

Il n'a pu avoir connaissance de l'appel du 18 Juin, mais il sait par la radio de Londres que d'autres français s'organisent en Allemagne, en Angleterre, dans les colonies et à l'étranger et sa décision ne fait l'objet d'aucune hésitation ...

Il sera avec eux et restera sur place pour faciliter l'implantation des réseaux.

Sa maison familiale de Davet sera le point de ralliement des prisonniers qui s'évadent. Ils y sont hébergés et réconfortés.

Il les accompagne ensuite jusqu'au point de ralliement suivant sur la chaîne d'évasion (ferme de M. FERRAND).

Plusieurs dizaines de prisonniers évadés passèrent ainsi à Davet et trouvèrent auprès de lui le gîte et le ravitaillement indispensable.

.

Cette chaîne d'évasion fonctionna depuis Août 1940 et jusqu'à la date d'occupation de la zone libre le 25 Novembre 1942.

Par ailleurs, il assure la transmission du courrier des habitants de la zone occupée qui désirent donner de leur nouvelles à des parents et amis de la zone libre sans risquer la censure...

 

        ==2==

 

Mais l'heure de la lutte armée n'a pas encore sonné. Le 23 Octobre 1941, le Général DE GAULLE le rappelait d'ailleurs à la radio de Londres "... Actuellement, la consigne que je donne pour le territoire occupé, c'est de ne pas y tuer ouvertement d'allemands. Cela, pour une seule raison, c'est qu'il est, en ce moment, trop facile à l'ennemi de riposter par le massacre de nos combattants momentanément désarmés. Au contraire, dès que nous serons en mesure de passer à l'attaque, les ordres voulus seront donnés. .......

(Mémoires de guerre- L'APPEL)

 

Les années sombres de l'occupation se sont donc abattues sur la France et Bardy à l'écoute de la radio de Londres, comme beaucoup de ses  concitoyens  piaffe d'impatience en attendant l'ordre de passer à l'attaque. En 1943, il ne peut cependant résister au désir de l'action et avec l'aide de M. Louis SERGENT, agent de la ville de PARIS réfugié à MENETOU, il effectue des actes de sabotage dans la gare de la commune. Il s'agissait là de gêner l'utilisation par l'ennemi des wagons de grumes qui partaient pour l'Allemagne.

+ + + +

Suivant les instructions de Londres, BARDY contacte au début de 1944 trois amis pour former un groupe de résistants .Chaque homme avait pour mission de contacter trois autres amis pour former une petite unité et c'est ainsi que les réseaux  naquirent, en chaine, chacun ne connaissant que trois autres résistants , ce qui avait pour but d'éviter toute fuite et arrestations au cas où l'un d'eux aurait été amené à parler sous la torture.

Le premier groupe dont fit partie Bardy était composé du Commandant Jean-Baptiste MAGNON et de M. Fernand BRUERE et Marcel SALMON.  C'était le groupe du village.

Dans le rôle de sa mission, il prend contact avec M. Roland JULLIEN et avec deux autres camarades qui devaient quitter le groupe par la suite.

Etendant son action plus en profondeur, il établit un deuxième contact en Février 1944 à BUE auprès d'un représentant des F.F.I. qui devait s'illustrer dans la résistance sous le nom de Lieutenant MURAT. Il était Adjoint au Commandant COLOMB qui avait déjà formé un réseau dans la région Cher-Nord.

Dès le débarquement du 6 juin, a lieu un second contact avec le lieutenant MURAT et les instructions qu'il reçoit lui donnent comme objectif de former dans la région de MENETOU-SALON un groupe de maquisards et de prendre le maquis.

 

Le 12 Juin, le premier groupe est formé.

 Il comprend 7hommes...

FOUCHER (Clotaire)- PIGNOT (Goliath)- LAKHDAR(Amar)- REBOUT(Balthazar) PESSIOT(Mickey)- CADE (Ladet) et JULLIEN (Bibi Fricotin).

BARDY en prend le commandement avec le grade de Sous-lieutenant et le pseudonyme de BERRICHON.

Repéré par ce pseudonyme et menacé d'arrestation, il en changera par la suite pour prendre le nom de guerre de BERRY.

C'est pour ce "nouveau nom" qu'il effectuera ses exploits dans la résistance intérieure.

 

Le même jour, il prend position en forêt de Menetou entre le Bois-Solivier et le château de Parassy et constitue le camp de triage.

 

Au fur et à mesure de l1 arrivée de nouveaux résistants, le groupe se dédouble et donne naissance successivement aux groupes SEBASTOPOL, 18 Juin 40,BAYEUX,BERTIN,TUNIS,JACQUES-COEUR,ROLAND-PAVIS, PARIS, BIR-HAKEIM, etc..

           

La première grande action se situera le 29 Juin. Ce jour là, des trains de matériel réquisitionné devaient passer sur la voie ferrée de Menetou-Salon à Henrichemont.

Avec une équipe de 12 hommes et sous les directives du Capitaine ALEX, parachuté d'Angleterre et spécialisé dans le sabotage, un pont dans les environs de Pont-Abbé est miné.

Le trafic est interrompu pendant trois jours.

 

Le 5 Juillet c'est le passage à niveau des "Fontinettes" qui est visé.

Berry et ses hommes font stopper le train, font descendre tous les voyageurs et le courrier et lance le convoi à toute vapeur. Le train déraille et obstrue la voie et le trafic est à nouveau interrompu.

 

Le 12 Juillet, il part avec une équipe de 12 hommes pour Bellevue, commune de Nohant-en-Goût.

Sur la nationale 151, 1e groupe coupe la ligne téléphonique souterraine interdisant ainsi les communications entre Bourges et la Guerche.

 

La mobilité des maquisards est un atout de leur défense. Les groupes avaient ordre de ne jamais rester plus de quatre jours au même endroit. Au retour de cette action de sabotage, la même nuit, le groupe  change de cantonnement. Il s'installe à la sapinière de Beaumont.

Au cours du déplacement, un homme est blessé accidentellement. Il est soigné par le docteur DELAMARRE et caché au presbytère de ST MARTIN par le curé FOREST.

 

Une cérémonie émouvante a lieu le 14 Juillet.

Sortant des bois et venant dans la commune en vélo et en groupe, les maquisards se présentent à 18 heures précises devant le monument aux morts de Menetou-Salon et le Lieutenant MURAT, venu spécialement de son P.C. de Bué, dépose une gerbe avec cette inscription "Aux vainqueurs d'hier, les vainqueurs de demain"

La sonnerie aux morts est exécutée par le Sergent NEUILLY (Neuneu) pendant que Berry et ses hommes prennent position sur les principaux axes avec des armes pour parer à toute éventualité....

 

Les missions de sabotage se poursuivent à un rythme accéléré.

Le 20 Juillet, les poteaux téléphoniques de la voie ferrée sont sciés sur une longueur d'un kilomètre au passage à niveau des Fontinettes.

Cette mission fut menée à bonne exécution, malgré la gêne des avions ennemis qui survolaient le groupe.

 

Le 24 Juillet, une voiture du groupe SEPASTOPOL se trouve en présence d'une voiture allemande entre Azy et Rians. Les maquisards forcent le barrage  et abattent de leurs tirs deux gendarmes ennemis.

Malheureusement,  un des premiers résistants, Camille PESSIOT(Mickey), est tué d'une balle dans la gorge.

 

Le 3 Août, c'est à nouveau la voie ferrée qui est visée.

Le groupe effectue un minage entre Menetou et St Martin au lieu-dit "Puydelaire". Les charges ne coupent pas les rails et le train vidé des mécaniciens et des voyageurs poursuit sa course folle à 80 à l'heure en direction de Bourges.

Signalé par les gares, il est dirigé sur St Germain-du-Puy où il stoppe faute de vapeur.

 

Pendant ce temps, le 4 Août à Oizon, cinq hommes à bicyclette conduits par Roger QUENET (Tito) rencontrent une voiture ennemie. La lutte s'engage. Tito est grièvement blessé, un Allemand est tué et deux autres blessés.

 

Le 5 Août, Berry et ses hommes renouvellent l'opération de sabotage du 3 Août contre la voie ferrée entre la ferme de sabot et Puydelaire.

Puis ils se dirigent sur les Aix d'Angillon où ils posent une charge de plastic sur une presse à paille réquisitionnée par les Allemands et la font sauter.

 

Un faux maquisard est arrêté le 8 Août.

ALEX, MURAT et BERRY lui ordonnent d'abattre le chef de la milice du Cher (THEVENOT) adjoint à PAOLI pour qu'il ait la vie sauve. Le faux maquisard exécute cet ordre et, à 15 heures, THEVENOT est descendu rue  Calvin à Bourges privant ainsi l'ennemi d'un auxiliaire précieux. Le faux maquisard est amnistié et devint par la suite un authentique résistant.

 

Mais l'ennemi cherche le maquis partout et il y a parfois des accrochages sanglants.

C'est ainsi que le 11 Août six maquisards rentrant du ravitaillement par la route de Vignoux se trouvent face aux boches sur la place de Quantilly. Ceux-ci venaient d'effectuer un barrage à Henrichemont et se dirigeaient vers les Crots de Veaux. Le curé de Quantilly dénonce aux Allemands la présence des résistants et leur camionnette est attaquée à bout portant. Deux sont tués René COURTOISON et Roger BERNARD(Pinocchio).

 

Cependant, les parachutages commencent à devenir plus réguliers.

 

Le 11 Août, Berry et Murat reçoivent par la radio de Londres le message personnel ("TONDEUSE") (00)?... et avec ses hommes il organise le terrain de parachutage, notamment par le balisage aux Bonnettes.

A l'heure prévue, 22 hommes sont en place. Le parachutage est réussi tout le matériel étant récupéré en bon état.

 

Ces parachutages devaient se renouveler plusieurs fois avec le message personnel "LE PERCEPTEUR EST AMOUREUX 2 FOIS"(le nombre de fois correspondant au nombre d'avions y participant).

 

Avant la réorganisation du 15 Août, le Capitaine ALEX décide avec Berry d'attaquer la grue géante ainsi que le convoi de dépannage que les Allemands ont mis en place pour dégager la voie obstruée par les actions de sabotages des 3 et 5 Août.

 

Bien que ce matériel soit protégé d'assez près, la grue est endommagée par un coup de "PIAT" (obus anti-char Anglais).

 

Mais l'accrochage est sérieux et devant la supériorité de l'ennemi l'ordre de repli est donné.

 

Vers midi, le Lieutenant-colonel COLOMB donne l'ordre au Sous-lieutenant BERRY d'aller en forêt d'Ivoy le Pré pour instruire et conduire au combat les groupes de ce maquis.

Ces groupes sont "KLEBER " VALMY", "LA VOLTIGE", "TUNIS", "ROBERT", "MEDERIC" déjà en place ainsi que la section BERTRAND avec les groupes "18 JUIN 40", "BIRHAKHEM" et "JACQUES-COEUR".

 

Dans le cadre de sa mission, le Sous-lieutenant BERRY participera avec un ou plusieurs de ces groupes à différentes opérations.

Dès le 16 Août, il attaque un convoi hippomobile à Dampierre en Crot.  L'ennemi subit des pertes en hommes et une grenade explose dans une voiture qui continuait sa route à la charge. Deux chevaux sont tués. Les vivres et les armes récupérés serviront à armer le groupe de Menetou.

 

Dans la nuit du 18 au 19 Août, BERRY avec les groupes "18 JUIN 40" "TUNIS" et "JACOUES-CŒUR", contourne Sens-Beaujeu et va s'embusquer en haut de la cote de Bellechaume.

A8 heures du matin, ils ouvrent le feu sur un convoi de 200 hommes. Après 25 minutes de combat, le repliement est décidé avec regroupement à Chavignol. L'ennemi a laissé 24 tués sur le terrain et il n'y a aucune perte chez les maquisards.

Jusqu'à la Libération, les combats s'intensifieront.

Le 20 Août, le Lieutenant-colonel COLOMB et le Sous-lieutenant BERRY se portent avec leurs hommes à Breteaux dans le Loiret, où ils attaquent un convoi hippomobile. Le feu est ouvert sur la voiture auto de l'officier commandant la colonne. Le véhicule est immobilisé et récupéré, l'officier réussit à s'enfuir. L'ennemi abandonne un mort et le groupe fait trois prisonniers. BERRY apprend que la centrale électrique de Briare est minée et qu'elle risque de sauter à tout moment. Au mépris du danger, il la déminera de justesse et la ville ne sera pas privée de courant.

 

Le 22 Août, avec ses hommes il tend une embuscade sur la route de la Chapelle d'Angillon au lieu dit "LA SURPRISE". Une auto allemande occupée par deux officiers se présente. Un officier est blessé, deux pneus sont crevés, mais elle peut continuer sa route après plusieurs embardées dangereuses.

 

Un camion équipé d'un canon à tir rapide placé sur la plate-forme arrière est signalé le 25 Août à la sortie d'Argent. Berry et son équipe l'attaquent Ce camion avait un équipage de 15 hommes servants de la pièce. Le groupe est armé de 9 fusils-mitrailleurs et d'un bazooka. Il réussit à maîtriser l'ennemi. Ce coup de main représente un joli butin: un camion et un canon capturé et une grosse quantité de vivres récupérée. L'officier et 11 allemands sont tués. Trois blessés sont faits prisonniers. Ils seront échangés contre trois maquisards faits prisonniers par les allemands à Argent. Seul, le jeune HENRIET des Aix d'Angillon est blessé d'une balle dans l'épaule.

 

Le 27 Août portant renfort à des camarades engagés sur la grande route au nord d'Aubigny, BERRY et ses hommes attaquent une colonne hippomobile. Après résistance, ils doivent se replier laissant sur place le chef ROBERT tué d'une balle au cou. Les allemands perdent 7 des leurs.

 

Une colonne allemande est accrochée au pic Montaigu par un groupe de F.T.P. du Capitaine LOUIS. Le Sous-lieutenant BERRY arrive en renfort par le haut du pic, prend position sur une crête et attaque la colonne. Celle-ci fait demi-tour en mettant le feu à plusieurs maisons de la tuilerie.

BERRY et ses hommes portent secours au maire de St PALAIS pour éteindre l'incendie de la maison et de l'usine. Ils partent ensuite à FUSSY où se déroulait un autre combat avec la colonne, qui rebroussait chemin venant du pic. Après la fin du combat, il ramène à MENETOU les éléments maquisards et reste là pour organiser la sécurité de la commune. Ces opérations se sont déroulées le 29 Août.

 

Le 30 Août, il repart à 2 heures du matin pour saboter la voie ferrée à Dionné, ce qui a pour résultat d'arrêter le train blindé venant de BOURGES.

 

Le 31 Août, BERRY et ses hommes sont à Menetou-Ratel où, sous la direction du Capitaine FORESTIER, ils tendent une embuscade à un peloton cycliste d'environ 20 hommes. Ayant éventé l'embuscade, les allemands mettent pied à terre et se déploient en formation de combat. Après 10 minutes, c'est une lutte acharnée. L'ordre est donné de rejoindre les voitures placées en retrait du groupe. Plus tard ils entreront en contact avec le Sous-lieutenant BONNEAU pour établir une nouvelle embuscade aux Noyers. Aucun ennemi ne se présentant, les hommes rejoignent la forêt d'Ivoy terrassés par la fatigue.

 

Le 02 Septembre avec l'appui de 4 jeeps appartenant aux forces Françaises de l'Intérieur, il participe à l'attaque d'un camion allemand près d'Ivoy. A 7 heures du matin, il arrive dans cette commune et se trouve au milieu d'une importante unité allemande en auto. Rapidement, il abandonne sa voiture et réussit à se faufiler à travers les maisons et les jardins ainsi que son chauffeur.

Mais les combats se terminèrent et l'entrée dans BOURGES est imminente. BERRY rejoint le colonel COLOMB à la ferme de Beaumont.

 

Le 6 Septembre, il part sur BOURGES où il fait trois prisonniers et les ramène à pied depuis le pont d'Auron jusqu'à la préfecture. Il passe avec ses captifs devant une population en délire.

 

Vers le 10 Septembre, des allemands sont signalés se terrant dans une île de la Loire près de Cosne. Le Sous-lieutenant BERRY est désigné pour effectuer cette opération de nettoyage. 11 fera trois prisonniers.

 

Cette opération terminée et la région complètement nettoyée, le groupe rentre au complet à la caserne du 95ème à BOURGES où il est incorporé dans la 34ème demi-brigade.

 

Il en formera la 2ème compagnie sous les ordres du Capitaine LOUIS et BERRY sera son adjoint.

Ces unités s'illustreront par la suite sur le front de Royan du 19 Septembre 1944 au 6 Février 1945.

 

Passées au premier R.I. deuxième bataillon, elles partent pour l'Allemagne.

Le Sous-lieutenant BERRY est affecté au service des transports, il terminera la guerre à Tigerfeld (ALL).

 

 

====================================

La commune de MENETOU-SALON fut représentée dans la résistance par de nombreux habitants. Voici quelques noms de résistants qui se sont particulièrement dévoués pour sauver la NATION.

Roger BARDY

Roland JULLIEN

Armand GEDOUX

Robert FLUTEAU

Camille SURSON

Robert JACQUET

Jean CAMUZAT

 

 

"Voici vos fils qui se sont tant battus"

CH. PEGUY

 

 

1 décembre 2000

Par le Colonel Colomb

 

HISTORIQUE


de la RÉSISTANCE ARMÉE

 

dans le CHER-NORD

 

 

 

 

 

L’historique ci-après concerne les maquis suivants :

1.  - Maquis de MENETOU

2.  - Maquis d’IVOY

3.  - Compagnie ROBIN

5.  - Groupe de St PALAIS

6.  - Groupe de St MARTIN D’AUXIGNY

7.  - Groupe d’ARGENT

8.  - Groupe d’AUBIGNY

9.- Groupe de MENETOU-RATEL

11. - Groupe de St SATUR

37.- Secteur du SANCERROIS

38.- Secteur du VIERZON ou Compagnie VENGEANCE.

 

Dans le courant de 1943, la première entreprise sérieuse de résistance dans le CHER-NORD fut celle du Général CHALLE à BOURGES, sous le patronage du mouvement « LIBÉRATION - NORD ». Mais, dans le cours de l’été, le Général CHALLE lui-même, et la plupart de ses collaborateurs, furent arrêtés. Les autres se dispersèrent, cette première tentative avait avorté.

Vers la même époque, l’O.R.A. commença de son côté à déployer une certaine activité dans le Cher. Le Commandant GAGNERON fut nommé Chef départemental à BOURGES.

Il s’attacha à grouper autour de lui un certain nombre d’Officiers, de préférence de l’Armée active, en vue de diriger les principaux secteurs du département.

Mais, avant d’avoir pu commencer véritablement le travail en profondeur, le Commandant GAGNERON et tous ses Officiers, sauf un, étaient arrêtés en même temps par la Gestapo, le 17 février 1944.

L’action de l’O.R.A. sur le plan départemental ne devait pas être reprise par la suite, en raison de la constitution des F.F.I.

Ces deux essais successifs avaient laissé cependant dans le CHER-NORD des éléments des bonnes volontés éparses qu’il allait bientôt être possible de regrouper à la faveur des événements dans une action d’ensemble.

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C’est dans le courant du mois d’avril 1944 que je fus désigné par le « C.O.M.A.C. » pour assumer le  Commandement des F.F.I. du Cher-Nord, d’abord à titre officieux, puis ensuite par une lettre de service. Je devais d’ailleurs être confirmé au mois de juin dans cette fonction par le Délégué Militaire Régional adjoint pour P.2. « MARC » (Colonel O’Neill).

Antérieurement à cette nomination, j’avais commencé à prendre part à la résistance en avril 1943 : constitution d’un groupe de village à BOULLERET, d’une trentaine de membres - collaboration avec les représentants de ГО.С.М. à COSNE, Mr et Mme TESTARD jusqu’à la date de leur arrestation (4 mars 1944), d’autre part, avec le Groupe de SANCERRE (BOROCOVITCH et LOUIS), qui s’était rangé sous les ordres du Commandant GAGNERON ; recherches d’armes de récupération et constitution de petits dépôts clandestins.

 

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La première tentative aérienne pour obtenir des parachutages d’armes dans le CHER-NORD, remonte à l’entrevue que je pus avoir le 28 décembre à COSNE au domicile de Mr et Mme TESTARD avec le Délégué Militaire Régional  « ARMAND BOULLOCHE ». La question fut évoquée, mais elle n’eut pas de suites en raison de l’arrestation d’ « ARMAND » quelques jours plus tard.

En février, je demandais au  « COMAC » de reprendre la question. Vers le milieu de mars, un représentant du B.O.A. vint me voir à MENETOU-RATEL. Quatre terrains de parachutages furent choisis. Malgré plusieurs visites successives de l’Agent du B.O.A. les terrains ne furent jamais homologués par la R.A.F. Il est d’ailleurs probable qu’ils ne lui furent même pas transmis. Le 6 juin, nous attendions encore d’être fixés à ce sujet. Mes rapports avec le B.O.A. en restèrent là.

Au début de mai, je fis la connaissance à PARIS du successeur  d’ « ARMAND », le nouveau Délégué Militaire Régional « JARRY ». Il fut convenu qu’il viendrait me voir dans le SANCERROIS.

Mais cette visite, plusieurs fois annoncée, n’eut jamais lieu.

Toutefois, dans les derniers jours de mai, « JARRY » me fit passer un message demandant de me rendre le 29 mai à LAMOTTE-BEUVRON, pour y rencontrer son adjoint « MARC », Délégué Militaire pour P.2. Mon voyage à LAMOTTE-BEUVRON devait me permettre de mettre au point avec « MARC » l’organisation territoriale à donner aux F.F.I. ainsi que la question de leur administration et de leur financement.

Mais il devait surtout me permettre de prendre contact avec le représentant régional du WAR OFFICE « St PAUL », grâce auquel le problème des parachutages devait enfin recevoir une solution rapide et plus complète que nous n’aurions jamais osé l’espérer jusqu’alors.

 

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A la date du 6 juin, l’organisation territoriale prévue pour le Cher-Nord devait comporter cinq secteurs :

·         Sancerrois,

·         Cher-Est (Sancergues, Baugy, La Guerche),

·         Bourges,

·         Vierzonnais,

·         Région centrale (axe de la route BOURGES-ARGENT)

torturé par la Gestapo, hospitalisé, « Armand » réussit à s ’évader. Plus tard, il fut Ministre de l’Education Nationale, disparu dans un accident d’avion.

 

 

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En réalité, seuls les deux premiers secteurs se trouvaient à peu près organisés et en liaison constante avec le Commandement Départemental. Le SANCERROIS en particulier, que je dirigeais personnellement avec le concours de « CHARPENTIER » depuis l’arrestation de BOROCOVITCH au début de mars, groupait clans un certain nombre de villages un effectif d’environ deux cents hommes, dont la moitié à peu près armée avec des fusils de modèles variés. Le CHER-EST, sous la direction du Capitaine « DURET », ne comptait encore à cette date qu’un effectif sensiblement inférieur et n’était aucunement armé.

A BOURGES, j’avais pris en mai un contact personnel avec « ROBIN » qui dirigeait un groupe important affilié à  « VENGEANCE », mais il n’en était encore rien résulté dans la pratique.

Pour le Vierzonnais, je n’ignorais pas qu’il existait un centre de résistance très actif, mais n’avais pu encore entrer en rapport avec ceux qui en faisaient partie. Enfin, dans la région centrale, je savais qu’il n’y avait rien encore et qu’il faudrait y créer notre organisation de toutes pièces.

 

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Au point de vue « Maquis », la situation n’était guère plus favorable : dans le courant de l’hiver 1943-1944 quelques petits groupes de jeunes gens, réfractaires au S.Т.О., s’étaient constitués dans les forêts, mais il étaient à peu près complètement dépourvus d’armes, et cherchaient bien plutôt à échapper aux recherches des Allemands qu’à s’attaquer sérieusement aux convois et aux moyens de transport ennemis.

Par l’intermédiaire du Capitaine « DURET », j’avais rencontré à PARIS, vers la fin de mars, l’Inspecteur du « Service National Maquis » chargé notamment de ceux du Cher-Nord, qui se faisait alors appeler «MARSAN MOISSINAC ». Il devait plus tard jouer un rôle prépondérant dans l’organisation des maquis du département, mais à cette date il ne contrôlait encore qu’un petit groupe d’une douzaine d’hommes,
commandé par un certain « BEBERT », et qui se cachait dans les bois de BOUCARD.

En dehors de ce groupe « BEBERT », je ne connaissais d’autre part qu’un groupe « DANIEL », de 7 ou 8 hommes, dans la région de FEUX, qui devait se révéler ultérieurement comme dépendant des F.T.P. auquel je pouvais ajouter l’existence probable de quelques éléments « Maquis » de même origine dans la région de BEFFES et dans les forêts au nord de VIERZON.

Selon ce que je savais à l’époque, c’était bien là tout ce qu’il pouvait exister comme « Maquis » dans le Cher-Nord, et, en fait, personne n’était sérieusement armé.

Dans le courant de mars, il m’avait été demandé par le Délégué Militaire National « CHABAN » d’abriter dans le SANCERROIS un poste émetteur radio qui devait fonctionner pour son service exclusif. Il m’avait été demandé aussi de prévoir dans la même région l’hébergement d’une partie au moins de l’organisation du « COMAC », dans l’éventualité où les mesures prises par les Allemands à la suite du débarquement allié obligeraient celui-ci à quitter PARIS.

Ce deuxième projet ne fut pas réalisé, mais en ce qui concerne l’émetteur de radio, je devais le recevoir le 3 juin, avec deux opérateurs, qui furent installés à LÉRE, où ils fonctionnèrent sans interruption et sans être aucunement inquiétés jusqu’à la fin du mois d’août. Les messages qu’ils transmettaient arrivaient chiffrés soit directement de PARIS, soit de la région d’AUXERRE, par agents de liaison (souvent des femmes) à bicyclette.

Dans l’ensemble, le fonctionnement de ce service fut un grand succès.

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A partir du 6 juin, ma préoccupation dominante devint le parachutage d’armes. Elle devait le rester jusqu’au 12 août.

Lors de notre rencontre le 29 mai,pas « St PAUL » m’avait promis de me faire livrer du matériel à bref délai. Il vint me voir à BOULLERET quinze jours plus tard, et après avoir étudié dans le détail la situation dans le département, me promit la livraison d’un nombre minimum d’armes pour les semaines suivantes. Et en attendant les parachutages, il m’emmena le lendemain même (à bicyclette) à VITRY-aux-LOGES, dans la forêt d’ORLEANS, revoir « MARC », qui venait d’y installer son P.C. et solliciter de lui la livraison de six containers à prélever sur un stock important entreposé dans la région.

De retour dans le SANCERROIS, je m’occupais de trouver un camion pour aller chercher les containers en forêt d’Orléans. Le voyage fut retardé par diverses difficultés matérielles, puis par la présence d’un barrage allemand sur le pont de Sully ; enfin je finis par y renoncer définitivement lorsque se produisit enfin notre premier parachutage d’armes dans le département, quelques jours plus tard.

Ce dernier ne se fit pas par l’intermédiaire de « St-PAUL ». Il fut organisé à SURY-près-LÉRÉ même par une femme du Service Secret Britannique (probablement de nationalité américaine) nommé • DIANE » qui s’y trouvait en villégiature depuis trois ou quatre semaines. Sa présence à SURY m’avait été signalée par le Groupe de village local. Elle m’avait d’abord paru suspecte. J’avais consulté « St-PAUL » à son sujet à notre retour de VITRY-aux-LOGES), qui avait reconnu en elle une de ses anciennes collaboratrices dans le Centre de la France.

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Invitée par « St-PAUL » à se mettre à notre disposition, « DIANE » qui correspondait directement avec LONDRES par radio, organisa notre premier parachutage, qui eut lieu dans la nuit du 24 au 25 juin à BELLEVILLE, au bord de la Loire.

Ce soir là, nous recevions 12 containers, dont le produit fut partagé entre les groupes de village du SANCERROIS et les premiers maquis de « Monsieur MARSAN » alors en voie de création. Le lendemain soir, un second parachutage, également organisé par << DIANE », avait lieu aux Vallées en face de POUILLY, et les 18 containers qu’il comportait étaient attribués au groupement du CHER-EST, sous les ordres du Capitaine « DURET ».

Une semaine plus tard, enfin, un troisième parachutage d’une vingtaine de containers avait lieu entre SURY-ès-BOIS et VAILLY. Mais cette fois là nous recevions aussi un radio américain nommé « FELIX » qui devait rester à ma disposition et s’occuper presque exclusivement d’organiser avec LONDRES nos parachutages ultérieurs.

A partir de ce moment là, les arrivages d’armes furent aussi nombreux que nous pouvions le souhaiter, et répartis à travers le territoire du département aux points exacts où nos besoins de matériel se faisaient sentir, évitant ainsi les transports par camions qui, en d’autres régions, provoquèrent malheureusement tant de tragiques accidents.

Après avoir ainsi rendu un immense service à la Résistance dans le CHER-NORD. « DIANE » nous quittait vers le 10 juillet pour aller continuer son activité dans la Haute-Loire.

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Le développement des maquis dans le CHER-NORD devait (comme il  était logique d’ailleurs) devenir particulièrement rapide du moment où il  nous fut possible de les ravitailler en armes avec abondance. Mais avant d’en revenir là, les quelques petits maquis du CHER-NORD s’étaient vus durement secoués dans le courant de Mai par les Allemands.

Le 19 Mai, une colonne de plusieurs centaines d’hommes, transportés en camions avec quelques auto-mitrailleuses et deux canons légers, vint procéder au nettoyage des bois de Boucard.

Ils n’y trouvèrent d’ailleurs personne, car la « bande à BEBERT », alertée à temps, avait pu prendre le large. La colonne allemande traversait dans l’après-midi la région de VEAUGUES, lorsqu’elle entra en contact avec le groupe « DANIEL » embusqué sur la route. Dans le combat inégal qui s’ensuivit,
les 7 hommes de ce groupe furent tués et « DANIEL » seul réussit à s’échapper avec son fusil-mitrailleur.

Après cette journée, le groupe « BEBERT » se désagrégea. D’autre part, « DANIEL » se trouvait avoir perdu à la fois sa troupe et ses armes. Vers le 1er juin, il fut convenu que les 7 ou 8 hommes de «BEBERT» demeurés dans la région, se rangeraient sous les ordres de « DANIEL ». Celui-ci se trouvait donc à nouveau le 6 juin prêt à entrer en action, mais avec des moyens minimes.

Au point de vue « Maquis », cependant, il représentait à cette date le seul élément auquel le commandant départemental F.F.I. pouvait faire immédiatement appel.

 

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Je confiais aussitôt à « MARSAN » la tâche de constituer le noyau de quelques nouveaux groupes de maquis clans la région centrale du département en utilisant les premiers volontaires qui commençaient à se présenter à nous (mais bien peu nombreux encore) à la suite du premier appel radiodiffusé du Général de GAULLE.

Le 10 juin, un premier groupe (nommé SEBASTOPOL) était créé sous les ordres de « BERRY » dans les bois de la région de MENETOU et s’augmentait progressivement jusqu’à comprendre une vingtaine d’hommes. Mais le manque d’armes à peu près total nous empêchait de gonfler comme nous l’aurions voulu les effectifs. Ce n’est qu’après le parachutage du 24 juin qu’un second groupe (nommé HUBERT ARNAUD) pouvait être créé sans retard dès le 27 juin, sous le commandement de Roland PAVIE, dans le bois des PORTEAUX, près de NEUVY-les-DEUX-CLOCHERS.

 

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Dans le courant de juillet, et surtout après le 20 juillet, où toute une série de parachutages eurent lieu dans la région de MENETOU-RATEL, les maquis organisés par « MARSAN » commencèrent à prendre un important développement.

Les 17 et 19 juillet, les groupes « BAYEUX » et « BERTIN » étaient créés dans les bois de QUANTILLY (à l’effectif d’une quinzaine d’hommes chacun) et dirigés aussitôt sur une nouvelle zone d’opérations, dans les forêts autour d’ALLOGNY.

Vers la même date, le Groupe « 18 juin 1940 », constitué dans la même région de QUANTILLY, était envoyé en forêt d’IVOY. Il allait constituer le noyau d’un ensemble de maquis appelé à rassembler en quelques semaines un effectif considérable de volontaires.

Au début d’août, l’organisation des maquis du CHER-NORD allait prendre ainsi sa forme définitive: deux zones furent créées, au sud le « Maquis de MENETOU », sous les ordres directs de « MARSAN », au nord, le maquis « d’IVOY », également contrôlé par « MARSAN », mais effectivement commandé par «François». Les aires d’opérations respectives attribuées à ces deux maquis étaient séparées par une ligne NEUVY S/BARANGEON - HENRICHEMONT - NEUVY-les-DEUX-CLOCHERS.

Dans chacune de ces deux zones un «camp de triage » allait fonctionner, d’où sortiraient tout constitués, au fur et à mesure de l’arrivée des volontaires, les groupes nouveaux qui devaient être dirigés ensuite vers des terrains d’action déterminés.

D’autre part, par l’intermédiaire de « FELIX », des terrains de parachutage spéciaux étaient affectés au ravitaillement en armes de ces deux maquis : pour IVOY à OIZON, à ARGENT et près du « Gué de la Pierre » pour MENETOU, à PARASSY.

L’organisation ainsi créée allait permettre désormais de recevoir le matériel en quantités suffisantes pour équiper à la cadence voulue les volontaires que l’évolution de la situation militaire amenait chaque jour plus nombreux dans nos camps de triage.

Parallèlement à cette mise sur pied des groupes de maquis dans la région centrale du département, l’organisation des secteurs du CHER-EST et de VIERZON faisait dans le courant de juillet de rapides progrès.

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Le Capitaine « DURET » avait reçu, comme indiqué plus haut, son premier parachutage (18 containers) le 25 juin. Une quinzaine de jours plus tard, il en recevait un second, beaucoup plus important (45 containers) en plein centre de son secteur, près de VILLEQUIERS.

Dès lors, il devenait possible d’armer des effectifs importants. Les cantons de BAUGY, NÉRONDES, LA GUERCHE et SANCERGUES, qui constituaient son secteur, possédant une densité de population relativement forte, les volontaires ne cessaient d’affluer dans cette zone au fur et à mesure des arrivages d’armes, mais durant cette période, les groupes de Résistance ne devaient pas encore se constituer en » maquis » mobiles, tant que le signal de la guérilla générale ne serait pas donné, pour le département du CHER. Il avait été convenu que les hommes resteraient dispersés dans les fermes et les villages, ne se rassemblant que sur ordre et pour l’exécution d’opérations données. Cette organisation ressemblait en somme quelque peu à celle qui avait été adoptée pour le Sancerrois, comme on le verra plus loin.

A la fin de juillet, le Capitaine DURET avait ainsi recruté et armé environ 250 hommes répartis entre quatre sous-secteurs. Il pouvait en particulier compter sur le concours de plusieurs jeunes Officiers d’active en sorte que le moment venu sa troupe allait se révéler particulièrement mordante et combative, et infliger dans la guerre d’embuscades des pertes sérieuses aux convois ennemis,

L’organisation du secteur de VIERZON allait prendre également dans le courant de juillet sa forme définitive : depuis le 6 juin, un important travail avait été accompli dans cette région, qui, à l’époque, échappait encore totalement à l’action du Commandement Départemental F.F.I.

Dès l’annonce du débarquement allié, « St-PAUL » avait envoyé à VIERZON un jeune Officier français « STAG », pour y prendre contact avec les résistants locaux, appartenant pour la plupart au mouvement VENGEANCE », et leur transmettre ses instructions.

 

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A partir de ce moment, « STAG », était agréé par les résistants de VIERZON comme « un conseiller technique militaire » et il allait s’occuper avec une très grande activité de l’organisation et de l’armement des groupes F.F.I. en cours de création dans le secteur. D’ailleurs, «St-PAUL » attachait une importance très particulière à cette région, en raison de l’utilisation que les Allemands pourraient faire de la route et de la voie ferrée BOURGES-VIERZON pour leurs mouvements de troupe, et en raison aussi des nombreuses usines travaillant encore à VIERZON pour l’ennemi.

Un jeune officier britannique, nommé « JEAN MAURICE », qui dirigeait depuis quelque temps un assez important groupement de maquis dans le sud de la Sologne (Souesmes), fut désigné d’autre part par «St-PAUL » pour contrôler l’action de » STAG » et lui donner les directives nécessaires. Un premier transport d’armes (2 tonnes environ) fut effectué, à la mi-juin, de St-VIATRE, où se trouvait le dépôt central de « St-PAUL » à la Moinerie des Bois, où « STAG » commençait à monter un petit maquis.

Par l’intermédiaire de « JEAN MAURICE », quelques parachutages, d’ailleurs de faible importance, eurent lieu fin juin et début juillet. A ce moment, le secteur de VIERZON pouvait compter environ 120 à 150 hommes armés, mais la plupart de ceux-ci se trouvaient en réalité dispersés dans VIERZON et quelques communes avoisinantes, et en dehors d’une vingtaine d’hommes à la Moineries aux Bois, il n’y avait pas encore à proprement parler de maquis susceptible d’entrer immédiatement en action.

C’est à cette date seulement que je pus rencontrer pour la 1ère fois, près de NEUVY-SUR-BARANGEON « STAG » ainsi que le Capitaine MARGOUT, qui exerçait nominalement le Commandement des F.F.I. de VIERZON.

Dès le 6 juin, la question des destructions et sabotages de voies ferrées, ainsi que des autres moyens de communication utilisés par l’ennemi avait naturellement pris pour nous une importance primordiale, malheureusement nous manquions à peu près totalement à ce moment des moyens matériels nécessaires pour faire œuvre utile.

Les directives qui nous étaient transmises soit par « MARC », soit par « St-PAUL » insistaient toutes sur l’urgence de ces destructions. Il nous était demandé de la manière la plus pressante de concentrer exclusivement nos efforts sur l’interruption ou la neutralisation des moyens de transport, afin de contribuer pour notre part au succès de la bataille de Normandie, en retardant l’arrivée éventuelle des renforts ennemis sur le champ de bataille.

 

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Jusqu’au 15 août, date à laquelle l’ordre de guérilla générale fut lancé de LONDRES pour le Cher, l’action de la Résistance armée devait donc se traduire à peu près exclusivement par des sabotages - de plus en plus nombreux et de plus en plus étendus - tandis que nous nous abstenions à peu près totalement d’autre part d’attaquer les convois ou corps de troupe ennemis.

L’arrivée, le 24 juin, par notre premier parachutage de SURY-ès-BOIS, d’une certaine quantité de « plastic» ou d’autres explosifs, allait nous permettre d’aborder la réalisation de notre programme.

Simultanément, « St-PAUL » mettait à ma disposition un spécialiste en destructions et sabotages nommé « ALEX », qui allait procéder par lui-même dans le CHER-NORD à un certain nombre d’opérations de cette nature, et former des équipes plus particulièrement affectées au même travail.

En ce qui concerne les voies ferrées, la plus importante au point de vue stratégique était évidemment la grande ligne latérale VIERZON-BOURGES (NEVERS) : elle allait bénéficier en première urgence de nos soins les plus attentifs. En second lieu venait la ligne COSNE-BOURGES, souvent utilisée par les Allemands comme rocade de la grande ligne du Bourbonnais ; enfin la ligne nord-sud, de BOURGES à GIEN d’une part, et à SULLY-sur-LOIRE de l’autre, allait également, malgré sa faible utilisation par l’ennemi, être mise plusieurs fois hors d’usage.

Outre les Chemins de Fer, le canal latéral à la Loire, les câbles téléphoniques, certaines lignes électriques haute tension, pour ne pas parler des fils téléphoniques aériens reliant les villages devaient aussi être l’objet de fréquentes attaques.

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Notre première tentative eut lieu en dehors du département : le 28 juin « ALEX » avec une équipe recrutée localement, faisait sauter de l’autre côté de la Loire un petit pont sur la ligne du Bourbonnais, dans le voisinage de NEUVY, et y interrompait la circulation pour trois jours.

Le lendemain, le dépôt de locomotives du Chemin de fer « économique » à voie étroite (servant aux Allemands pour leurs réquisitions de produits agricoles) était attaqué à VEAUGUES par ROLAND PAVIE, et 5 locomotives sur 7 mises hors d’usage. Le surlendemain, le même ROLAND PAVIE faisait sauter le point de la Reculée sur la ligne de BOURGES à COSNE, et y interrompait le trafic pour 8 jours. Le 9 juillet, après que les Allemands eurent rétabli un pont en bois, ROLAND PAVIE en incendiait les échafaudages et coupait ainsi de nouveau la voie pour une assez longue période. Enfin, le 12 août, sur la même ligne de BOURGES à COSNE, la destruction du pont des Tremblets interdisait la circulation aux convois ennemis que la rupture du pont de BANNAY sur la Loire par les autorités allemandes de la Nièvre vers le 20 août allait par ailleurs définitivement écarter de cette voie de rocade. 

Quant à la grande ligne VIERZON-BOURGES-NEVERS, elle devait être attaquée d’une manière presque incessante par les équipes de destruction de « STAG » et de « DURET » à partir du début de juillet. Dans le seul secteur de VIERZON, au cours d’une période de deux mois environ, jusqu’à l’évacuation définitive de la région par les Allemands, il n’y eut pas moins de 29 sabotages de la voie ferrée. La plupart des
coupures ainsi opérées n’avaient d’efficacité que pour une durée de cinq à six heures, les Allemands ayant placé tout le long des voies des équipes permanentes chargées de les réparer. Mais il y en eut aussi de plus importantes, telles que par exemple la destruction du pont de Chemin de Fer sur le canal du BERRY, à l’est de VIERZON, par « STAG » le 8 août, le dynamitage du Pont-Vert (près de BOURGES), par ALEX vers le 10 août, et, dans le secteur du CHER-EST, les tentatives d’obstruction entreprises à deux reprises dans le tunnel de TENDRON, mais dont les résultats ne furent pas entièrement satisfaisants.

Pendant ce temps, le maquis de MENETOU faisait sauter un pont sur la ligne BOURGES-GIEN, près de HENRICHEMONT, vers le 15 juillet, et interrompait encore la voie ultérieurement à deux reprises en faisant dérailler une locomotive isolée et un convoi. Peu après d’ailleurs, le travail de sabotage sur cette voie fut abandonné en raison de la destruction par l’aviation alliée des ponts de Chemin de Fer sur la
Loire à SULLY et GIEN. Cette action sur les voies ferrées s’accompagnait de multiples autres destructions, telles que, par exemple, vers le 10 juillet, la coupure, par « DURET » de la ligne du Chemin de fer économique VEAUGUES – la GUERCHE, au-dessus du canal latéral à la Loire près de BEFFES, interdisant ainsi aux Allemands, jusqu’à la fin des opérations, l’utilisation du ciment produit par l’usine de cette localité. Au début d’août, par un coup de main extrêmement hardi, « STAG » faisait pénétrer une équipe de sabotage dans le dépôt de locomotives de VIERZON et en mettait 13 hors d’usage. Enfin l’opération la plus brillante et la mieux réussie fut exécutée dans la nuit du 7 au 8 août à BOURGES, sous la direction •< d’ALEX » et de « ROBIN », au cours de laquelle des paquets d’explosifs purent être introduits dans les ateliers de montage de la S.N.A.C, et les ailes et fuselages destinés à l’assemblage d’une vingtaine d’avions furent complètement détruits.

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Sur le canal latéral à la Loire, l’écluse de LÉRÉ avait été dynamitée le 17 juillet (« ALEX » et « MURAT »). La circulation des bateaux devait être ainsi interrompue jusqu’à la fin des opérations.

Le câble téléphonique souterrain longeant la route de la CHARITÉ à BOURGES fut coupé à plusieurs reprises par « DURET » en juillet et août. Malheureusement, la mise hors de service de la ligne ne se prolongeait guère au-delà d’un jour ou deux, les Allemands réussissant toujours à réparer dans des délais incroyablement brefs.

Mais bien entendu, il n’en était pas de même en ce qui concerne les fils aériens téléphoniques du réseau départemental, que les Allemands ne pouvaient prétendre faire réparer à la vitesse à laquelle nous les détruisions. Il y avait un intérêt primordial à leur interdire ainsi l’usage du réseau téléphonique local, qui leur aurait permis, chaque fois que nous aurions été engagés en un point quelconque avec leurs forces de répression, d’appeler du renfort de BOURGES ou d’ailleurs dans les moindres délais.

Lorsque le signal en fut donné, dans le courant de juillet, le sabotage des téléphones sur toute l’étendue du territoire du CHER s’exécuta rapidement et sans incident aucun. Ce travail consciencieusement exécuté, surtout dans le secteur du CHER-EST et le SANCERROIS, devait nous rendre les plus grands services quelques semaines plus tard lorsque la guérilla générale fut déclenchée dans le département.

Le badigeonnage des bornes et des plaques indicatrices, auquel se livrèrent en même temps les groupes de village, fut également fort utile pour aider à désorienter les colonnes ennemies chaque fois qu’elles se hasardaient à sortir des grands itinéraires. Là encore nous devions en avoir la confirmation en août, surtout dans le SANCERROIS.

 

Enfin, pour terminer cette énumération des entreprises de destruction et de sabotage menées à bien durant cette période, je dois signaler ici une opération d’un caractère différent, mais qui n’en ait pas moins de répercussions sur l’ennemi et ses agents à BOURGES même : vers le 10 Août, sur mon ordre, le Chef de la Milice de BOURGES, un nommé THEVENOT, était abattu à coups de revolver à 3 h de l’après-midi en pleine ville. Cette exécution devait fortement démoraliser les Miliciens placés sous ses ordres (au nombre de 200 environ) et contribuer, semble-t-il, à provoquer leur départ précipité vers l’Allemagne une semaine plus tard.

 

 

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Aux derniers jours de juillet, la rupture du front allemand en Normandie et le débordement des armées alliées en direction de la Loire pouvaient laisser présager que les régions du CHER-NORD et de la SOLOGNE ne tarderaient pas à s’animer à leur tour. Aussi bien les deux premières semaines d’août furent-elles mises à profit en toute hâte pour compléter l’organisation et l’armement des forces de la résistance dans les différents secteurs, et en particulier pour faire grossir les effectifs des deux groupements de maquis IVOY et MENETOU, établis dans le centre du département, et auxquels j’avais l’intention de faire jouer un rôle de premier plan dans les opérations futures. Durant cette quinzaine, les
volontaires ne cessèrent pas de se présenter dans les camps de triage de ces maquis en nombre nettement plus important que les arrivages d’armes par parachutages ne permettaient d’en équiper. La disproportion qui en résultait constituait pour nous un constant souci, car, instruit par l’expérience de ce qui s’était passé peu auparavant dans plusieurs départements voisins (et notamment dans la Nièvre), j’étais absolument opposé à enrôler dans des groupes en opérations des hommes qui n’auraient pu être dotés chacun au préalable d’une arme individuelle en bon état de fonctionnement. J’adressais à cet effet de pressants appels à LONDRES par l’intermédiaire de « FELIX » qui provoquèrent heureusement deux
importants parachutages (3 avions chacun), à quelques jours d’intervalle, le premier sur MENETOU-RATEL, le second sur le bord de la forêt d’IVOY, le 8 août. Par ce même parachutage arrivèrent, sans que j’en eusse été prévenu au préalable, une quinzaine de parachutistes anglais appartenant aux S.A.S., et une mission de liaison alliée composée d’un Officier américain, d’un Officier français et d’un opérateur radio.

Tandis que ces nouveaux parachutages d’armes me permettaient de grossir les effectifs des maquis d’IVOY et de MENETOU aux environs de 350/400, l’arrivée dans le département de ces représentants de l’Armée Alliée constituait un événement de la plus haute importance au point de vue des opérations comme sur le plan moral. La mission de liaison allait me permettre de resserrer le contact avec LONDRES, d’améliorer la cadence des parachutages, et surtout de renseigner chaque jour le commandement allié sur les mouvements des Allemands, nos propres intentions et les objectifs à faire bombarder par l’aviation (trains de munitions et d’essence, convois sur routes, etc.). Quant aux S.A.S.,
leur chef, le Major LEPINE, me fit connaître que leur mission consisterait d’une part à réaliser des sabotages et destructions dans toute la région, d’autre part à tendre les embuscades aux colonnes allemandes lorsque la guérilla générale serait déclenchée.

En fait, le détachement de S.A.S. du Major LÉPINE ne fit que peu de besogne ; les voies ferrées avaient déjà été sabotées par nos soins dans toute la partie nord de mon secteur, et comme les ponts de Chemin de Fer sur la Loire avaient d’autre part été détruits par l’aviation à GIEN et à SULLY, la tâche des S.A.S. dans cet ordre d’idées fut inopérante. Quant aux embuscades, le Major LÉPINE se montra toujours
beaucoup trop hésitant avant de donner l’ordre à son détachement d’aller se porter sur un itinéraire quelconque où une colonne allemande lui était signalée, en sorte que les accrochages espérés dans la généralité des cas ne se produisirent plus.

Par contre, un second détachement S.A.S. sensiblement de la même importance, commandé par les Lieutenants DAVIDSON et SCHLEE, et parachuté le 18 août dans le secteur du CHER-EST, chez le Capitaine DURET », fit, durant trois semaines, aussi bien en matière de destructions que dans la guerre d’embuscades, un excellent travail en parfaite coopération avec les F.F.I. de cette région. Evidemment, les objectifs à saboter s’y trouvaient plus nombreux et plus importants qu’autour de la forêt d’IVOY, mais l’initiative, le coup d’œil et l’esprit de décision des Chefs y furent également pour beaucoup.

Toujours pendant cette première quinzaine d’août, mes négociations avec les F.T.P. du département prirent enfin une tournure favorable qui permit d’aboutir à un accord au sujet du commandement et de l’armement en matériel parachuté des groupes F.T.P. du CHER-NORD.

L’effectif qui me fut annoncé à cette date pour ces groupes était de l’ordre de 150 à 180, auxquels s’ajoutaient quelques groupes de villages (milices patriotiques), surtout à l’Est d’AUBIGNY et dans le Sud du SANCERROIS. Il fut convenu que dans le cadre des directives générales, qui m’étaient données (soit par « St-PAUL », soit par la mission alliée), je leur transmettrais désormais les ordres d’opérations par
l’intermédiaire de « JEAN BAPTISTE » - Commandant MAGNON -, que les autres dirigeants F.T.P. du département s’étaient mis d’accord pour désigner afin de prendre la liaison auprès du Commandement Départemental F.F.I. Il fut convenu d’autre part que je prélèverais sur les prochains arrivages de matériel parachuté, l’armement nécessaire pour compléter l’équipement des Groupes F.T.P. qui m’avaient été signalés dans les différents secteurs, afin de les mettre en mesure d’accomplir les missions d’ordre militaire qui leur seraient confiées.

Cet accord entra en vigueur vers le 10 août, et je trouvais aussitôt auprès du Commandant MAGNON un esprit de franche et loyale coopération qui permit d’associer sans retard un certain nombre de groupes F.T.P. ou « milices patriotiques », qui m’avaient été signalés par lui, aux opérations de guerilla générale qui furent déclenchées, comme on le verra plus tard, à partir du 16 août.

En ce qui concerne l’armement, il y avait eu malheureusement beaucoup de temps perdu. Fin juillet au début d’août, nous avions eu quelques bons parachutages, dont le produit avait été aussitôt distribué dans les différents secteurs et maquis. Par contre, durant les deux ou trois semaines suivantes, malgré nos appels répétés par radio, les parachutages s’espacèrent tandis que leur contenu comportait de plus en plus de munitions et de moins en moins d’armes individuelles. Cette circonstance devait entraver dans une certaine mesure l’armement rapide des groupes F.T.P. contrôlés par le Commandant MAGNON. Néanmoins, il me fut possible, entre le 10 et le 25 août, de remettre une quarantaine de fusils et plusieurs F.M. au groupe « milice patriotique » d’IVOY-le-PRÉ, dirigé par PAILLARD, un lot de munitions et un F.M. au Capitaine « Louis » à MERY-ès-BOIS, trois bazooka, 5 à 8 F.M. et une cinquantaine d’armes individuelles au groupe F.T.P. « GASTON » cantonné dans la région de VOUZERON et destiné à opérer sur la route ainsi que la voie ferrée VIERZON-BOURGES.

D’autre part, dans plusieurs secteurs, de petits groupes locaux F.T.P. (notamment à VIERZON et dans le CHER-EST) se mirent spontanément à la disposition des Chefs F.F.I. et participèrent aux combats, à partir du 15 août, sous leurs ordres et dans les mêmes conditions que les autres formations constituées antérieurement sous mon commandement dans le CHER-NORD.

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C’est le 12 août au soir que fut donné pour la première fois à la radio l’ordre de guerilla générale pour le département du CHER (ainsi d’ailleurs que pour les départements voisins situés au Nord, à l’Ouest et au Sud par le message en langage conventionnel « En avant la cavalerie ».

 

 

De quels moyens pouvais-je disposer à cette date pour harceler d’une manière efficace des colonnes allemandes dont on m’annonçait le passage imminent à travers le département ?

Les deux secteurs du CHER-EST et de VIERZON, sous le Commandement de « DURET » et de « STAG » étaient prêts à commencer la guérilla avec un effectif de 300 hommes armés environ chacun (dans chaque secteur approximativement 25 fusils-mitrailleurs et 3 ou 4 bazooka ou pist.). Ayant à s’attaquer l’un et l’autre au principal axe de marche des Allemands VIERZON-BOURGES-NEVERS, tout semblait indiquer qu’ils auraient dans les prochains combats à supporter le poids principal de la lutte.

BOURGES n’était pas encore armé, pour les raisons que j’ai indiquées plus haut, mais la situation nouvelle créée par le mouvement généralisé de repli des Allemands à travers l’Ouest et le Centre de la France allait me permettre de demander enfin des parachutages à leur intention sur des terrains situés à proximité de la ville même.

Le SANCERROIS, pays très vallonné, coupé de haies et de boqueteaux, avec un effectif organisé en groupe de village de 350 à 400 hommes armés au total (dont la moitié environ avec de vieux fusils de récupération) et une quinzaine de fusils-mitrailleurs, était en mesure de se transformer immédiatement en un vaste traquenard où les convois allemands ne sortiraient pas indemnes. Mais cette organisation
uniquement prévue pour mener une guérilla tout à fait locale, n’offrait aucune mobilité, et je ne pouvais songer à y prélever des colonnes volantes destinées à opérer en dehors du secteur.

Par contre, les deux maquis du centre du département, celui d’IVOY et celui de MENETOU, avaient été prévus précisément dans cette intention : formé en petits groupes indépendants, d’une quinzaine d’hommes chacun (avec un ou deux F.M. par groupe), vivant en bivouac dans les bois ou dans les fermes abandonnées, montés sur bicyclettes (bientôt ils allaient être motorisés sur des voitures de tourisme et camionnettes réquisitionnées), les effectifs qui composaient ces 2 maquis atteignaient à la mi-août environ 150 hommes pour IVOY et 200 hommes pour MENETOU. Dans la guérilla qui allait commencer, il leur incomberait d’accrocher l’ennemi aussi bien sur les grands itinéraires latéraux à LAMOTTE BEUVRON-AUBIGNY ou ARGENT SANCERRE et SALBRIS LA CHAPELLE D’ANGILLON - LES AIX - SANCERGUES, que sur la route nationale 140, traversant en ligne droite tout le milieu du département de BOURGES à ARGENT-sur-SAULDRE. Pour accomplir cette besogne d’une manière efficace l’armement et les effectifs ne manquaient pas, mais je ne pouvais oublier qu’il s’agissait, pour les 9/10  de ces derniers,
d’hommes, et souvent aussi de gradés, n’ayant jamais fait aucun service militaire et que nous avions armés, organisés en groupes et expédiés dans leur zone d’opérations dans les trois ou quatre jours après leur arrivée au camp de triage.

Avec des troupes aussi peu expérimentées et aguerries, auxquelles le temps avait manqué de donner un minimum de cohésion et d’entraînement à la manœuvre, il n’allait naturellement pas être possible de se lancer dans n’importe quel genre d’opérations contre l’ennemi.

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Durant la période de temps qui s’est écoulée entre le 15 août et le 6 septembre, soit trois semaines environ, au cours desquelles le « nettoyage » des Allemands fut mené à bonne fin sur tout le territoire du CHER-NORD, on peut distinguer trois phases successives :

·         Jusqu’au 21 août approximativement, une certaine panique se manifeste chez les Allemands, en particulier à BOURGES, qui pouvait laisser à penser qu’ils allaient évacuer immédiatement et sans combat la totalité de la région se trouvant au sud et à l’ouest de la Loire.

·         Entre le 22 et le 30 août, l’ennemi, paraissant se ressaisir, s’accroche à BOURGES, à VIERZON et ailleurs, y organise une défense au moins sommaire (canons anti-chars sur les routes, barrages etc..) tandis que les colonnes hippomobiles et motorisées, ainsi que des trains de troupes, traversent à la cadence quotidienne de 5 000 hommes et plus le département d’Ouest en est vers la CHARITÉ et NEVERS.

·         Du 30 août au 6 septembre, la cadence des passages de troupes s’élève jusqu’à atteindre 15 000 à certains jours, les garnisons de BOURGES et de VIERSON procèdent aux destructions de dernière heure, puis finissent par s’en aller à leur tour. Le 6 septembre au soir, tout le territoire du CHER-NORD est entièrement libéré.

 

J’avais dans la journée du 14 août, transmis l’ordre de guérilla générale aux secteurs du CHER-EST et de VIERZON. Il s’agissait, pour ces derniers, d’adopter immédiatement la formation « maquis », c’est-à-dire de faire sortir leurs effectifs des villes et villages, de les regrouper « dans la nature » en petits éléments mobiles, et de les faire travailler à cheval sur les principaux itinéraires OUEST-EST empruntés par l’ennemi.
J’avais d’autre part, donné l’ordre aux deux maquis d’IVOY et de MENETOU de monter, à partir du 16 août toute une série d’embuscades permanentes sur les routes menant aux différents ponts de Loire : COSNE, St-SATUR, POUILLY et SANCERGUES, ainsi que sur la route nationale 140.
Enfin, le SANCERROIS avait été mis en état de « mobilisation générale » et chaque village s’était organisé aussitôt un système défensif propre avec rondes, patrouilles, postes de garde, etc..

 

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Pour la clarté de l’exposé, je diviserai le récit de ce qui s’ensuivit selon les trois phases indiquées plus haut.

1) - Les premières embuscades, malgré l’inexpérience de la plupart de ceux qui y prenaient part, furent clans leur ensemble assez bien réussies. A cette date, l’ennemi n’était guère sur ses gardes. Il empruntait sans beaucoup de méfiance les grands itinéraires, notamment par petites colonnes isolées de camions, de voitures à chevaux ou de bicyclettes, sans leur assurer, comme il devait le faire une semaine ou deux
plus tard, aucune protection avec des voitures blindées ou des chars.

 

Parmi les opérations couronnées de succès durant cette période, il y a lieu de signaler :

-          Dans le secteur de VIERZON, l’attaque d’un convoi et la destruction de 5 camions le 18 août, près de l’Etoile, puis dans la nuit du 18 au 19, de deux voitures légères sur la route de VIERZON à BOURGES. Une quarantaine d’allemands sont mis hors de combat, dont au moins une quinzaine de tués.

-          Dans la zone desservie par le maquis de MENETOU, plusieurs petits convois motorisés allemands sont pris à partie :
le 15 août, sur la route ALLOGNY-SALBRIS (4 camions, une dizaine de tués et blessés), le 19, sur la route de BOURGES à la CHARITÉ (2 voitures légères et un side-car détruits, 11 Allemands tués, plusieurs blessés) ; le 20 à FUSSY, sur la grand’route BOURGES-ARGENT (10 tués, 3 prisonniers).

-          Enfin dans la zone du maquis d’IVOY, les 19 et 20 août, une série d’embuscades particulièrement bien coordonnées permettait la destruction à peu près totale d’un convoi hippomobile ennemi d’une centaine d’hommes et d’une vingtaine de voitures. Ce convoi avait d’abord été signalé vers 15 heures passant à la CHAPELLE d’ANGILLON en direction de SANCERRE. Trois groupes du maquis d’IVOY partent à sa poursuite. A 21 heures, un premier groupe tend une embuscade à la colonne ennemi à l’entrée de SENS-BEAUJEU, 4 Allemands sont tués et 3 blessés. L’ennemi cantonne ensuite dans le village. Malheureusement une voiture légère  d’un autre groupe, conduite par le Chef de section MOULIN », qui ignorait la présence des Allemands à SENS-BEAUJEU se présente en pleine nuit à l’entrée de l’agglomération, tous ses occupants
sont sauvagement massacrés. Le 20 au matin, la colonne se remet en route à 7 heures. Aux abords de la côte de BELLECHAUME, sous un épais brouillard, les trois groupes d’IVOY embusqués ouvrent le feu à très courte distance avec 6 F.M. En dix minutes, environ 20 à 25 Allemands sont tués, ainsi que 3 chevaux. L’ennemi se regroupe à grand’peine, et abandonne 2 voitures ainsi qu’un important matériel. Il emporte cependant ses blessés. Une heure plus tard, le convoi est attaqué à nouveau en deux embuscades successives au bas de la côte de BELLECHAUME et près du carrefour de la route de BOURGES, par les groupes de village du SANCERROIS (BUÉ, SURY-en-VAUX, St-SATUR, SANCERRE). 5 Allemands sont tués. Les survivants abandonnent encore 3 voitures (dont une cuisine roulante) et 6 chevaux, puis s’enfuient en direction de BOURGES, où ils sont encore harcelés par la suite. Seuls, quelques rescapés réussissent à rallier BOURGES le lendemain.

 

Pendant que ces engagements se poursuivaient ainsi non sans succès, à travers le territoire du CHER-NORD, les renseignements qui me parvenaient dans la journée du 19 tendaient à indiquer que les Allemands étaient sur le point d’évacuer complètement toute notre région pour se retirer à l’Est de la Loire ou au Sud de BOURGES. La veille déjà, l’ennemi avait fait sauter le dépôt de munitions de SALBRIS, menacé, disait-on (à tort), par une colonne de blindés américains ayant traversé la Loire à TOURS et se dirigeant vers le Sud-Est. La canonnade entendue d’autre part au nord de la Loire paraissait, elle aussi se déplacer vers l’Est. Indices plus probants, durant tout l’après-midi du 19 à AVORD et à BOURGES les explosions se succédèrent, carburants, munitions, ateliers, dépôts de vivres, etc.. Les agents de liaison qui m’étaient envoyés presque d’heure en heure de l’intérieur même de la ville me signalaient les préparatifs du départ des dernières troupes allemandes s’y trouvant encore. Quant à la Gestapo, aux diverses Kommandantur, etc.. elles étaient déjà parties durant les jours précédents. A BOURGES, on paraissait croire que l’évacuation serait terminée dans la nuit du 19 au 20 août et que nous pourrions y entrer sans coup férir le lendemain matin.

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Sur la base de ces renseignements, je me décidais à tenter l’opération : d’une part, « DURET » reçut l’ordre de se porter le 20 au matin en direction de la ville avec le maximum de ses forces, en partant de la région de NÉRONDES et d’AVORD ; d’autre part, je regroupais dans la nuit du 19 au 20 tous les maquis de MENETOU en quatre « sections de 60 à 80 hommes environ chacune, disposées en arc de cercle autour de BOURGES, et à une distance de 10 à 15 km de la ville, près de l’Epinière (vers le carrefour de la route BOURGES-ORLÉANS et BOURGES-VIERZON), à FUSSY (route BOURGES-AUBIGNY) à TURLY (route BOURGES-SANCERRE), et dans les environs de MAUBRANCHE (route BOURGES-SANCERGUES). Ces forces devaient se tenir prêtés à marcher sur BOURGES le 20 au matin dès que j’aurais reçu par le premier agent de liaison sorti de la ville, avis que les Allemands l’auraient évacuée. Enfin, je fis passer un message au Colonel BERTRAND, qui commandait les F.F.I. dans le CHER-SURD, pour lui faire connaître mon intention, et lui permettre, le cas échéant, de faire simultanément entrer ses troupes dans la ville par le Sud.

Mais les Allemands cette nuit-là parurent changer complètement d’avis. Le 20 août au matin j’apprenais que, contrairement à notre attente, la garnison de BOURGES avait été renforcée par d’assez forts détachements venus de l’Ouest, et qu’elle commençait à s’organiser défensivement en divers points autour de la ville. Les groupes du maquis de MENETOU furent en conséquence stoppés sur place. Quant aux forces du Capitaine « DURET », elles ne purent malheureusement pas être touchées à temps, et plusieurs de ses groupes, amorçant la marche sur BOURGES, se heurtèrent à d’importants convois allemands filant en sens inverse. Une série de bagarres en résultèrent où quelques pertes furent
infligées à l’ennemi (notamment 5 tués dans les rues même de MORNAY BERRY) sans qu’il ait eu aucune heureusement à déplorer de notre côté.

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En fait notre entrée à BOURGES allait encore être retardée d’une quinzaine de jours.

Mais, pendant que nous étions ainsi maintenus dans l’attente face au Sud, la libération d’une portion importante du territoire du SANCERROIS s’accomplissait d’autre part sans coup férir ; le 18 août, les Allemands avaient fait sauter le pont de COSNE, ce qui allait obliger leurs colonnes en retraite à obliquer plus au Sud. Dès le 19 août, en conséquence, « CHARPENTIER » donnait l’ordre aux F.F.I. d’occuper en
armes tous les villages situés au Nord de la route VAILLY-SANCERRE. Les Chefs cantonaux et communaux F.F.I. prenaient en main aussitôt l’administration, le ravitaillement, la police (en accord avec les gendarmeries) et se substituaient au pouvoir préfectoral défaillant. Cette organisation devait fonctionner jusqu’au milieu de septembre d’une manière parfaite, sans qu’on ait eu à signaler de réquisitions ou d’arrestations abusives, ni de désordres quelconques, et à la satisfaction générale des habitants.

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2) - Après le 20 août, la situation générale dans le CHER-NORD devait demeurer sans changement notable durant une dizaine de jours. Sur l’axe VIERZON-BOURGES, SANCERGUES et BOURGES-NEVERS, de nombreux convois ne cessaient de défiler, mais en général leur protection était assurée par quelques blindés ou chars intercalés parmi les camions, ou placés en tête et en queue des colonnes, ce qui rendait
naturellement beaucoup plus hasardeuses nos tentatives d’embuscades. Les voitures isolées et les petites colonnes hippomobiles, qui avaient constitué jusqu’alors pour nous une proie facile, devinrent de plus en plus rares. D’autre part, les trains de troupes traversant VIERZON et BOURGES se succédaient à raison de 3 ou 6 par jour et un train blindé composé de 9 wagons, comportant 4 pièces de 88 et deux chars (montés sur wagons-plateformes), allait et venait entre la GUERCHE et VIERZON pour assurer, semblait-il, la protection de la voie. Un renseignement recueilli le 24 août annonçait encore le passage après cette date de deux divisions complètes venant de l’Ouest (140 trains).

La libération de BOURGES ne paraissait donc plus devoir être imminente. Dans la partie Nord de notre région, au contraire, les passages de troupes se raréfièrent entre le 20 et le 28 août à tel point que nous en fûmes à plusieurs reprises amenés à penser que les Allemands renonceraient désormais à emprunter les itinéraires Ouest-Est entre La Chapelle d’ANGILLON et ARGENT.

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Pour tenter de faire donner par le Commandement allié une solution à ce problème, je décidais avec le Capitaine THOMSON (de notre mission de liaison arrivée par parachute le 8 août) d’entrer en contact avec un général américain. Nous traversons le 23 août la Loire à OUZOUER, et dans l’après-midi sommes reçus du côté de ISDON par le Général EDDY, commandant le 12e C.A. (qui, au même moment, était en
train de s’emparer de MONTARGIS). Celui-ci nous expliqua les raisons pour lesquelles le Commandement allié se trouve dans l’impossibilité absolue de s’étendre de l’autre côté de la Loire. Evidemment, il ne méconnaît pas l’intérêt qu’il y aurait à envoyer (comme nous le lui demandons) quelques blindés dans le CHER qui pourraient infliger de terribles dégâts aux colonnes ennemies retraitant sur la CHARITÉ et NEVERS - et qui pourraient aussi attendre au passage les Allemands venant du Sud d’ORLÉANS lorsqu’ils se décideraient à décamper, et les malmener sérieusement ou même à leur couper la retraite. Mais le Général EDDY ne dispose pas de moyens suffisants pour distraire même un
petit nombre de blindés de son axe de marche orienté vers le NORD-EST, en direction de TROYES, BAR-le-DUC, etc.. Tout ce qu’il pourra faire, c’est de nous envoyer 17 bazookas, avec un lot important de munitions que nous irons faire enlever le lendemain par un camion au passage de la Loire à OUZOUER. Ces armes anti-chars devaient nous servir les jours suivants à renforcer l’armement des groupes chargés de monter des embuscades sur les principaux itinéraires de repli de l’ennemi.

Entre temps, le maquis d’IVOY avait occupé AUBIGNY et ensuite ARGENT le 22 août. Ces occupations complétaient celles faites précédemment dans le Sancerrois.

Puis, le 23 août, la presque totalité des maquis d’IVOY se lancèrent à la poursuite d’une colonne hippomobile ennemie signalée dans le Sud du Loiret. Durant les jours précédents, il avait été possible par des réquisitions locales de voitures légères et de camionnettes de motoriser tous les groupes de ce maquis d’IVOY, leur conférant ainsi une mobilité que limitait seule la difficulté de se procurer du carburant. Dans la soirée du 23, le convoi allemand traverse la Loire sur le pont-canal de Briare, le lendemain matin les maquis d’IVOY passent la Loire à leur tour, libèrent BRIARE et GIEN (où les Américains n’étaient pas encore entrés), retrouvent la colonne ennemie à OUZOUER-sur-TREZÉE, et se mettent en embuscade pour l’attaquer à la sortie de BRETEAUX.

Malheureusement, on ne put engager que les 5 ou 6 dernières voitures du convoi (qui furent capturées), et les pertes de l’ennemi ne furent guère importantes (quelques prisonniers).

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Le 26 août, un petit détachement motorisé allemand réoccupe ARGENT (300 hommes, une cinquantaine de camions et voitures).

Par suite d’une fausse manœuvre, 3 de nos hommes sont faits prisonniers. Dans la soirée, nous plaçons des embuscades sur toutes les routes débouchant d’ARGENT en vue de le cerner dans la ville. A la tombée de la nuit un premier détachement ennemi tente de forcer le « bouchon » placé en avant d’AUBIGNY, il est repoussé avec pertes (5 tués, 5 prisonniers, un camion capturé avec un canon D.C.A. de 25 mm. Cette tentative est recommencée par l’ennemi un peu avant le jour, mais cette fois-ci en direction de LAMOTTE-BEUVRON. Il réussit à forcer notre « bouchon » près de CLEMONT (quelques pertes chez l’ennemi, une voiture et une moto détruites. Rien chez nous).

Durant les jours suivants, les Allemands se décident, à évacuer la « poche » au Sud d’ORLÉANS et reviennent en force dans toute la région septentrionale du département.

A partir du 28 en particulier, des effectifs considérables, en colonnes de toutes armes, sous la protection de quelques blindés ou chars intercalés dans les convois, traversant le CHER-NORD, empruntant tantôt la route ARGENT ou AUBIGNY-SANCERRE, tantôt la route SALBRIS - LA CHAPELLE d’ANGILLON - LES AIX, tantôt aussi la route 140 vers le Sud. D’autres se dirigent directement sur BOURGES par LAMOTTE-BEUVRON. L’importance de ces convois, et aussi la présence des blindés vont rendre beaucoup plus difficiles les embuscades. Plusieurs d’entre elles échouent. D’autres réussissent au moins partiellement, notamment le 31 août entre AUBIGNY et ARGENT, où 8 camions furent attaqués et où l’ennemi aurait perdu (selon des renseignements recueillis ultérieurement à ARGENT) 28 morts et 32 blessés, et
le 1er septembre entre CONCRESSAULT et VAILLY (5 tués et plusieurs blessés).

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Pendant que nous menions ces opérations, un détachement de 4 « Jeeps » avait passé la Loire à BRIARE, et était venu rejoindre les parachutistes S.A.S. en forêt d’IVOY le 29 août. Ces « Jeeps », placées sous le commandement du Major LÉPINE (bien que servies par des équipages français) étaient destinées à monter elles aussi des embuscades sur les principaux itinéraires empruntés par l’ennemi.
Malheureusement les hésitations perpétuelles de leur Chef empêchèrent qu’elles ne fussent employées utilement durant les journées suivantes en coopération avec nos groupes de maquis, et les dégâts qu’elles purent infliger aux Allemands furent à peu près nuls. D’ailleurs, elles arrivaient beaucoup trop tard pour pouvoir faire une besogne fructueuse.

·         Dans le Sancerrois, les dernières journées d’août furent marquées par deux tragiques incidents : tout d’abord, le 26 août, à St-SATUR, où une assez forte équipe du groupe de village local assurait la garde du pont sur la Loire - notamment avec un plat - en vue d’en interdire dans la mesure du possible le passage aux colonnes ennemies venant de l’Ouest, un camion rempli d’Allemands, arrivant par la route d’HERRY qu’on avait négligé de surveiller, vint surprendre le P.C. des F.F.I., sur le bord du canal. Tous les occupants du P.C. au nombre de 7, dont les Capitaines THEVÉNY et PERROUX, furent sauvagement massacrés. Les Allemands se retirèrent aussitôt après sans que nos hommes placés en d’autres points de l’agglomération aient eu le temps de les prendre à partie.

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Deux jours plus tard, le 28 Août, à la tombée de la nuit, la première des colonnes allemandes venant de la « poche » au sud d’ORLÉANS, qui suivait la route d’ARGENT à SANCERRE, se heurta à l’entrée de VAILLY à un petit détachement de nos hommes qu’accompagnait le Capitaine BARON, Chef F.F.I. cantonnai. Celui-ci fut abattu sans pouvoir se défendre.

Durant les trois journées suivantes, les convois allemands défilèrent à peu près sans interruption nuit et jour en direction du sud-est, principalement par l’itinéraire AUBIGNY ou ARGENT - VAILLY - SANCERRE, comme indiqué plus haut, mais parfois aussi par quelques petites routes latérales. De SANCERRE, ils gagnaient le pont sur la Loire à la CHARITÉ en passant par SANCERGUES. Malgré la présence d’assez
nombreux blindés, quelques embuscades furent tentées par les troupes de village, notamment à JARS le 29 août, à BELLECHAUME dans la nuit du 29 au 30 août, et encore le lendemain dans la soirée (avec le concours de 2 jeeps du 4e Bataillon de parachutistes français ayant passé la Loire à BRIARE), à MENETOU-RATEL le 31 août à la tombée de la nuit, etc.. Quelques pertes furent infligées à l’ennemi sans qu’on ait pu les déterminer avec exactitude. D’autre part, un nombre croissant de prisonniers se laissait ramasser dans le Sancerrois sans chercher beaucoup à se défendre.

Le 31 août, le Sous-Lieutenant MILLET capture à SURY-ès-BOIS un détachement allemand de 30 cyclistes au complet, qui s’étaient visiblement égarés par suite du badigeonnage des plaques indicatrices. Le même jour, 5 autres sont pris près de SANCERRE, des traînards ramassés dans les bois et ailleurs.

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Au 6 septembre, le Sancerrois comptait ainsi une soixantaine de prisonniers de toutes armes.

Les derniers passages de troupes provenant de la « poche » au Sud d’ORLÉANS eurent lieu dans les journées du 1er et du 2 septembre.

 
Après cette date, les routes par où il était passé tant de convois ennemis, d’ARGENT, d’AUBIGNY et de la CHAPELLE d’ANGILLON en direction de SANCERRE et de la CHARITÉ, se trouvèrent enfin définitivement libérées, et il nous fut possible de concentrer dès lors notre attention exclusivement sur le dernier axe de repli allemand VIERZON-BOURGES-NEVERS, plus au sud.


·         VIERZON : A cette date le Capitaine « STAG » disposait de 350 hommes armés environ. D’autre part, les effectifs allemands stationnés dans la ville se maintenaient aux environs de 500, et les passages de troupes se chiffraient pas plusieurs milliers chaque jour.
 Le 22 Août sur la route de TOURS à VIERZON, 3 camions chargés de troupes sont mitraillés, deux autres ainsi qu’une voiture légère sont mis hors d’usage pur les « crève-pneus », des pertes sérieuses étant infligées aux passagers. Le même jour enfin, sur la route de VIERZON à BOURGES, un sixième camion est détruit (3 tués et plusieurs blessés).

 

Le 23 août, combat important, toujours sur la route de TOURS à VIERZON, une trentaine d’Allemands sont mis hors de combat ; malheureusement, en revenant de l’embuscade, une des voitures de « STAG » est mitraillée par l’aviation de chasse américaine et perd 2 tués. Et pendant les huit jours suivants, il se produit encore quotidiennement un ou plusieurs accrochages avec des colonnes allemandes sur la route nationale de part et d’autre de VIERZON. Ce n’est que le 1er Septembre que la retraite ennemie par cet itinéraire paraît approcher de sa fin. Le personnel de gare, la D.C.A., la Compagnie de Sécurité, la Feldgendarmerie et la Kommandantur ont quitté VIERZON. Les derniers convois signalés (très importants d’ailleurs) passent soit au Sud de la ville (venant de CHATEAUROUX), soit au Nord se dirigeant de SALBRIS sur BOURGES par NEUVY-sur-BARANGEON, ceux-ci venant naturellement de la fameuse « poche » allemande au Sud d’ORLÉANS, dont les effectifs (comme déjà signalé) avaient commencé à se mettre en mouvement le 28 au soir à travers le territoire du Cher-Nord.

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· MENETOU : Les derniers parachutages avaient permis de porter aux environs du 20 août l’effectif du maquis de MENETOU à 300 hommes, à peu près répartis en 4 sections placées aux abords de chacune des principales voies d’accès à BOURGES (L’Epinière, Fussy, Turly et Brécy), plus une réserve à Parassy. Entre cette date et les premiers jours de Septembre, l’activité déployée par ces sections fut particulièrement remarquable, car les objectifs ne manquaient pas :

 

Le 24 août, la section du Sous-Lieutenant de la CHAISE détruit un camion (route de Mehun à BOURGES) et met hors de combat une vingtaine d’Allemands, puis capture deux voitures légères et fait 4 prisonniers. Le lendemain, c’est le tour de deux camions, dont tous les occupants sont mis hors de combat. Le 26 août, la même section fait sauter encore un camion sur une mine, et en attaque trois autres au F.M. infligeant des pertes en tués et blessés à l’ennemi. Celui-ci se venge en incendiant deux fermes près de MONTILEY et en fusillant deux civils.

Le 27 août, un camion est attaqué au bazooka et détruit. Le 29 août, un char léger subit le même sort. Puis durant les journées des 30 et 31 août, des détachements cyclistes sont pris à partie, et une dizaine d’entre eux tués. Des mines anti-chars sont posées sur la route de MEHUN à BOURGES, et font sauter des véhicules dans un convoi. Le 1er Septembre enfin, les attaques au F.M. contre les camions reprennent : 10 tués ce jour-là, et encore une douzaine le lendemain dans l’attaque par surprise d’un poste de garde allemand à la bifurcation des routes BOURGES-VIERZON-ORLÉANS. Mais déjà c’est la fin de la retraite allemande sur BOURGES et la section de LA CHAISE ne va plus avoir désormais de convois à attaquer sur cet itinéraire où elle avait ainsi en moins d’une quinzaine de jours infligé de sérieuses pertes à l’ennemi.

Pendant ce temps, au centre, la section du Sous-Lieutenant « MASECH » cantonnés dans la région de Fussy, prend à partir les colonnes allemandes sur la route nationale 140. Le 26 août, 8 camions sont mitraillés, presque à bout portant, par quatre fusils-mitrailleurs le lendemain, l’opération est recommencée dans les mêmes conditions contre une voiture légère.

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Le 31 août, la section « Masson » exécuta un coup de main contre le dépôt d’essence « Toneline » à ASNIÈRES. Les fûts contenant plusieurs milliers de litres sont percés, 4 Allemands sont blessés, Le 1er et le 2 Septembre, les attaques reprennent contre les convois descendant vers BOURGES par la nationale 140, une voiture d’Etat-Major est détruite et ses quatre occupants sont tués. Mais c’est à l’est de BOURGES, sur les routes menant vers la CHARITÉ et NEVERS, que les engagements les plus durs devaient avoir lieu. Deux sections opéraient dans cette région, celle du Sous-Lieutenant BOURLIER et celle du Sous-Lieutenant MUFFRAGI. Le 26 août, sur la route BOURGES-NEVERS, cette dernière attaque un convoi de miliciens, dont une demi-douzaine sont tués et de nombreux autres blessés, le 28, la même section détruit un camion allemand au passage à niveau de FRANLIEU, tuant 5 et blessant 2 de ses occupants. Le 29 août, elle attaque encore un convoi, puis le 2 Septembre elle prend sous le feu de ses F.M. un groupe de 4 camions allemands sur la route de la CHARITÉ, infligeant des pertes certaines à l’ennemi.

Pendant ce temps, la section BOURLIER, cantonnée près de TURLY, sur la route de BOURGES à SANCERRE, où il ne passait presque jamais de convois allemands, consacrait tout son temps à des destructions répétées sur la voie ferrée BOURGES-NEVERS; le 25 août, coupure à MEHUN-sur-YÈVRE, en 3 endroits. Le 28 août, sabotage de l’aiguillage de St GERMAIN DU PUY. Le 1er Septembre, pose de mines antichars sur la voie à l’est de cette dernière localité.

Le même jour, le Sous-Lieutenant BOURLIER, seul avec un autre soldat, réussit par un coup de main extrêmement hardi à capturer près de BRÉCY une voiture d’Etat-Major avec ses trois occupants, et à la ramener directement au P.C. du Commandant F.F.I. du Cher-Nord. Parmi les papiers saisis sur un des Officiers se trouvait un ordre de marche de la XVIe Division, qui traversait précisément le département ce jour-là, avec indication des itinéraires de repli pour toutes les unités, des dates et des points de passage et de stationnement, etc.. jusque dans la région de Beaune, où cette division devait se rendre.. Cet ordre fut aussitôt remis, dans la soirée à l’Etat-Major américain siégeant à Orléans, qui put ainsi, durant les journées suivantes, faire harceler efficacement par l’aviation et les blindés la XVIe Division en retraite, de l’autre côté de la Loire, jusqu’aux abords de DIJON.

Malheureusement, quelques heures plus tard, l’auteur de cette très brillante capture, le Sous-Lieutenant BOURLIER, tombait aux mains des Allemands et était fusillé par eux la veille de leur départ de BOURGES. Quant à la section qu’il commandait, elle était attaquée à son tour par un fort détachement allemand, et pour éviter d’être cernée, obligée à se disperser en direction de SOULANGIS, heureusement sans pertes appréciables.

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·         CHER-EST : Ce secteur, sous les ordres du Capitaine « DURET » avait encore grossi ses effectifs durant la seconde quinzaine d’août, ceux-ci dépassant largement 300 hommes vers cette époque. Et tandis que les convois allemands en retraite se succédaient presque sans interruption en direction de la Loire, les embuscades et les destructions se multipliaient, provoquant malheureusement les plus sauvages représailles de la part de l’ennemi contre la population civile. Pour opérer dans son secteur, le Capitaine « DURET » avait déjà reçu (comme indiqué plus haut) un détachement d’une douzaine de parachutistes S.A.S. britanniques, le 18 août. Un second détachement d’une importance sensiblement égale devait lui arriver par la voie des airs le 24 août.

 

Les embuscades du CHER-EST avaient lieu pour la plupart, durant cette période, sur les deux grand’routes menant de BOURGES à la CHARITÉ et à NEVERS. Le 21 août, 4 Allemands sont tués près de SANCERGUES. Le 25 août, une embuscade tendue par un groupe du CHER-EST en coopération avec les Britanniques, entre la GUERCHE et le GUÉTIN, permet de détruire un camion dont tous les occupants sont mis hors de combat (un Anglais tué). Les 26 et 27 août, sur chacune des deux grand’routes, plusieurs engagements ont lieu et une vingtaine d’Allemands au moins sont tués. Durant les journées suivantes il y eut encore une embuscade au carrefour de

 

Du côté d’AVORD, enfin, vers le 1 » Septembre, le Lieutenant VIGNON s’attaquait avec 5 F.M. et deux Piats à une colonne de camions, dont un grand nombre d’occupants étaient mis hors de combat.

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Dans la région de NÉRONDES même, les embuscades auraient pu sans doute être poussées avec un peu plus de vigueur, durant ces derniers jours de la retraite allemande, si l’ennemi n’avait systématiquement entrepris de brûler les fermes et de massacrer des civils tout autour de cette localité chaque fois, qu’il était attaqué par le « maquis ». Ces actes de sauvagerie furent, dans le Cher-Nord, et bien que nous ayons pris à partie les colonnes allemandes sur presque toute l’étendue du territoire, à peu près exclusivement limités (je ne sais pourquoi) à cette région de NÉRONDES. En moins de deux semaines, plus de trente fermes ou maisons d’habitation furent ainsi incendiées, et une douzaine de civils massacrés.

Naturellement la population fut bientôt littéralement terrorisée. Comme les groupes de résistance qui conduisaient la guerilla étaient recrutés localement, ces représailles inhumaines les incitèrent à suspendre ou du moins à espacer leurs embuscades. Quelques-uns parlèrent même de cesser la lutte, à la vue des malheurs qu’elle attirait sur la tête de leurs compatriotes. Je dus intervenir avec énergie pour leur faire comprendre que l’intérêt supérieur du pays exigeait que les forces armées de la Résistance devaient continuer à se battre, quels que fussent par ailleurs les dommages subis par la population civile. Mais, comme il est naturel, la conduite du combat dans cette région s’en trouva néanmoins quelque peu ralentie.

Parallèlement aux embuscades proprement dites, le secteur du Cher-Est, dans les derniers jours d’août, poursuivit sur une grande échelle les destructions et sabotages de voies de communication. La voie ferrée de BOURGES à SAINCAIZE continuait à constituer, dans cet ordre d’idées, l’objectif principal. Vers le 30 août, notamment, en vue d’empêcher le passage d’un train de prisonniers politiques, que les Allemands évacuaient de BOURGES, pendant deux jours de suite la voie sauta toutes les 6 heures.
(Malheureusement le train, fortement escorté, réussit tout de même à passer). Dans le bois de BOURAIN, un pont métallique fut détruit, et les Allemands l’ayant reconstruit avec des traverses, fut de nouveau saboté et incendié le lendemain.

Après le chemin de fer, l’objectif le plus important était représenté à cette date par les ponts de route sur la Loire et le canal latéral, par où les Allemands faisaient passer leurs colonnes en retraite. Pendant une semaine, « ALEX », avec une équipe spéciale, s’occupa à les mettre tour à tour hors de service. Des abattis d’arbres furent opérés sur la route menant à la CHARITÉ, et 3 ponts sur le canal, dont celui de la grand’route à la CHAPELLE MONTLINARD furent détruits vers le 23 août, obligeant les Allemands à se détourner par de petites routes secondaires pour joindre le grand pont sur la Loire en face de la CHARITÉ. Au GUÉTIN (route de BOURGES à NEVERS) et dans les environs, trois autres ponts étaient dynamités quelques jours plus tard, toujours sur le canal, mais les Allemands réussirent à réparer assez rapidement celui de la grand’route. Puis « ALEX » passa dans le CHER-SUD pour s’attaquer au pont de MORNAY, sur l’Allier...

Ainsi la marche des convois allemands durant les derniers jours de leur retraite fut-elle entravée par tous les moyens en notre pouvoir.

 

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Dès le 1er Septembre, il devint évident que le départ définitif des derniers Allemands du Cher-Nord n’était plus qu’une question de jours. Ainsi qu’il a été relaté plus haut, l’évacuation de la « poche » au sud d’ORLÉANS commençait à s’achever à cette date.

Le 2 Septembre, les derniers convois, abandonnant la route de SANCERRE, descendaient en direction des AIX D’ANGILLON par HENRICHEMONT, et de BOURGES par la Nationale 140. Une série d’engagements eurent lieu ce jour-là : à la sortie d’HENRICHEMONT, un groupe du maquis d’IVOY attaquait une forte colonne de camions, tuant plusieurs Allemands et faisant 4 prisonniers. Sur la route 140, au nord de la Chapelle d’ANGILLON, le Capitaine « Louis », des F.T.P. prenait à partie un autre convoi, lui infligeait des pertes, et était malheureusement tué d’une balle presque à bout portant au moment du décrochage. Un peu plus au Sud sur la même route, aux abords du « Pic Montaigu », les groupes de village de St-PALAIS, St-MARTIN et QUANTILLY, commandés par le sergent-chef DESMOULIÈRES, sous les ordres du Commandant MAGNON, continuaient une brillante série d’embuscades entreprises les jours précédents, accrochaient encore des colonnes de véhicules hippomobiles et des cyclistes. Malheureusement, l’ennemi devait se venger de ses pertes en incendiant la maison forestière de St-PALAIS et plusieurs maisons d’habitation en bordure de la route.

A BOURGES même, l’évacuation des Allemands semblait se précipiter. Le 2 Septembre, les Cheminots de la gare commençaient à embarquer, les troupes de passage réquisitionnaient voitures, chevaux, bicyclettes. Le 3 Septembre, les derniers cheminots partaient après avoir détruit toutes les installations de la gare de BOURGES (aiguillages, château d’eau, dépôt de machines). La Kommandantur quittait également la ville. Quant à la Gestapo, la milice, etc..  ils étaient déjà partis depuis longtemps. A partir de ce jour, il ne devait plus passer de trains à BOURGES, et les dernières colonnes de troupe venant de l’Ouest paraissaient de moins en moins fortes en effectifs.

Je n’avais naturellement pas attendu cette date pour procéder à l’armement des groupes F.F.I. à l’intérieur même de la ville de BOURGES sous les ordres de « ROBIN ». Dans la nuit du 25 au 26 août, un premier parachutage à leur intention avait eu lieu sur un terrain au sud de MÉRY-ès-BOIS, et les armes avaient pu être introduites dans la ville sans incident aucun. Un second parachutage, demandé quelques jours plus tard sur le même terrain, devait malheureusement être retardé, par suite des conditions atmosphériques, jusqu’à la nuit du 5 au 6 Septembre, c’est-à-dire la veille même de notre entrée à BOURGES.

 

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Après le passage des derniers convois ennemis en provenance de la « poche » au Sud d’ORLÉANS, d’assez gros éléments s’étaient attardés dans la région de Parassy et des Aix d’Angillon. Cependant, comme le Nord du département paraissait entièrement et définitivement débarrassé des Allemands, j’avais décidé de faire descendre en direction de BOURGES tout le maquis d’IVOY (dont l’effectif à cette date dépassait 200 hommes armés) en prévision de notre prochaine entrée dans la ville. Le même jour (c’était le 3 septembre), le commandement allié s’était enfin décidé à faire traverser définitivement la Loire aux éléments du 4me Bataillon de parachutistes français, montés sur Jeeps, qui se trouvaient depuis plus d’une semaine en attente à BRIARE. Et le lendemain, je prenais contact près de MENETOU-SALON avec un détachement de cette unité commandée par le Capitaine LARRALDE.

Dans l’après-midi nous apprenons qu’une compagnie de 120 Allemands environ, avec un ou deux camions (appartenant à un Bataillon d’Infanterie de marine venant de Vendée) s’est attardée aux AIX d’ANGILLON et se trouve complètement isolée, le reste du village, et ils se replient ensuite par la route de RIANS durant la nuit. Mais ils avaient subi de sérieuses pertes en tués et blessés, et laissaient entre nos mains une vingtaine de prisonniers, un gros camion ainsi que toutes leurs munitions et leurs vivres de réserve.


Malheureusement, le Capitaine LARRALDE avait été blessé accidentellement au début de l’action par l’éclatement d’un projectile de Piat au-dessus de la tête, le Sous-Lieutenant WILMS, commandant le groupe de réserve du maquis de MENETOU, était affreusement mutilé par une grenade (jambe arrachée, etc..) et le Capitaine « OXFORD », de la mission alliée de liaison (parachutée à IVOY le 8 août), avait
reçu également une très grave blessure.

Cet engagement des AIX D’ANGILLON, où pour une fois les forces de la Résistance, grâce à l’appui des Jeeps, purent attaquer l’ennemi chez lui au lieu de pratiquer uniquement, le combat en embuscade, devait clore pour les F.F.I. du Cher-Nord l’action militaire proprement dite sur le territoire même du département. Le combat, qui avait été le plus vif, se trouvait donc également avoir été le dernier.

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Ce même jour du 4 Septembre, un important détachement F.T.P. venu du CHER-SUD, sous les ordres du Commandant RENAUDIN, entrait sans coup férir à VIERZON et occupait la ville. Le lendemain « STAG » (qui s’était absenté la veille de son secteur pour un voyage à ORLÉANS) pénétrait à son tour dans VIERZON avec ses troupes. Le 5 Septembre au soir, on ne me signalait plus la présence dans BOURGES que de quelques groupes allemands attardés. Le village de MARMAGNE, à l’ouest de la ville, assez fortement occupé les jours précédents, était complètement évacué.

Le 6 au matin, je reçus la visite à la ferme de BEAUMONT, près de MENETOU-SALON, du Commandant de Gendarmerie VACHER et du Colonel de GOY, venus de BOURGES pour s’informer que la ville était entièrement débarrassée des Allemands, à l’exception de quelques dizaines d’hommes demeurés dans la caserne Carnot. Je donnais aussitôt l’ordre de rassembler tous les effectifs disponibles des maquis de MENETOU et d’IVOY pour entrer dans la ville au début de l’après-midi. Je fis passer d’autre part un message au Capitaine « DURET » pour qu’il participe à l’occupation de BOURGES avec tous les éléments qu’il pourrait diriger immédiatement sur la ville en venant de l’est.

Enfin je fis prévenir le Colonel BERTRAND, dans le CHER-SUD, pour qu’il puisse faire entrer simultanément dans BOURGES ses forces dont les têtes de colonnes étaient stoppées à une dizaine de kilomètres de la ville.

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A midi accompagné du Commandant MAGNON et d’une section du maquis de MENETOU transportée en camionnettes, je me rendis à la Préfecture. J’y avais été précédé d’une demi-heure environ par deux Jeeps du 4ème Bataillon de parachutistes. Deux heures plus tard, le restant du maquis de MENETOU et le maquis d’IVOY - près de cinq cents hommes au total, montés sur des autos réquisitionnées de tous modèles et de toutes descriptions - pénétraient à leur tour dans BOURGES par la route d’AUBIGNY. Quelques douzaines de traînards allemands attardés dans cette ville s’empressèrent de se constituer prisonniers.

A 4 heures, le 1er R.I. venant du CHER-SUD  faisait aussi son entrée à BOURGES. La libération du Cher-Nord était achevée.

Durant la semaine qui suivit, de très grosses colonnes allemandes de toutes armes continuèrent à traverser le CHER-SUD  en direction de l’Allier. Un de leurs itinéraires de passage se trouvait être la route de St-FLORENT à DUN-sur-AURON par LEVET, ce qui fit que l’on put craindre à plusieurs reprises que l’ennemi tenterait de réoccuper BOURGES, ce qu’il aurait évidemment pu réussir aisément avec un peu d’artillerie et quelques blindés.

Les forces du Colonel BERTRAND dans le CHER-SUD  harcelaient nuit et jour ces convois allemands. En vue de les seconder, une partie des maquis d’IVOY et de MENETOU renforcés par un détachement de CHATILLON-sur-LOIRE, fut mise à la disposition du Commandant ROY, commandant le 1er Bataillon du 1er R.I. et fut employé du 9 au 11 Septembre à maintenir une série d’embuscades permanentes sur la route de DUN à SANCOINS, aux abords du carrefour d’OSMERY. Quelques engagements assez vifs eurent lieu, l’ennemi se défendant énergiquement avec des mortiers et parfois aussi avec des blindés. Une voiture et un camion furent capturés ainsi qu’une certaine quantité de matériel (bicyclettes, armement, munitions, etc..) et des pertes en tués et blessés infligées à l’ennemi (au moins 6 tués et une vingtaine de blessés).

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Le lendemain 12 Septembre, toutes les forces allemandes se trouvant encore sur le territoire du CHER-SUD à l’ouest de l’Allier capitulaient entre les mains du Commandement Américain.

La lutte était terminée.

Le Commandant des F.F.I.
Pour le Cher-Nord
Arnaud de Vogué

1 janvier 2000

Papy Georges 17

les mémoires de Papy Georges 17. vers la Loire.

Vers la Loire.

Pendant huit jours, c’était la fête pour nous mais en revanche ce qui me fit mal au cœur ainsi qu’à mes camarades, c’était de voir que l’on est rentré dans Bourges peut-être à cinq cents, et que peut-être dix mille portaient les brassards F.F.I.mis à part une centaine qui avait fait de la résistance dans Bourges.

Les pourparlers étaient terminés entre F.F.I. et Allemands à Arçay. Il y avait dix huit mille prisonniers teutons qu’il fallait maintenant diriger sur le camp de Beaugency aménagé à cet effet, afin de remettre les armes et le matériel. Il fut décidé que les maquisards se posteraient dans les villes ou ils passeraient afin de leur délimiter la route à suivre.

Posté à Aubigny

Mon groupe « 18 juin 40 » était dans la traversée d’Aubigny, et ces Messieurs qui étaient encore très fiers car ils n’étaient pas désarmés nous narguaient. Il y avait un maquisard qui prenait des photos de l’armée allemande car elle repartait avec des voitures de toutes sortes, des chars, des camions et même à pied et en vélo sans pneu, ni chambre à air. De quoi rire n’est ce pas !

Un officier prétentieux se dressait sur un char, fit arrêter le convoi et réclama la pellicule, mais le maquisard disparut rapidement. C’est alors que l’Officier fit dévier la colonne dans Aubigny et posta des sentinelles à chaque coin de rue. La peur fut encore présente pendant 3 ou 4 heures. Ils repartirent en direction de Beaugency pour être désarmés par les Américains. Nous les avons doublés et nous avons été hébergés dans un château près du camp et ce, pendant encore quelques jours.

Quand ce fut terminé, j’ai pris un bon vélo et dit à un copain d’en trouver également un, pour ma mère, car mon frère Paul avait été pris dans une rafle par Paoli un dimanche et emmené au Bordiot. Il faisait payer deux mille francs par personne et par vélo. Il se ramassait des sommes fabuleuses tous les dimanches dans les bals clandestins.

Ce fut terminé pour moi et je suis rentré à Menetou-Salon.

1 janvier 2000

Papy Georges 15

les mémoires de Papy Georges 15. guérilla suite.

Les convois allemands

sont harcelés et attaqués.

 

Attaque de convois

Quelques jours plus tard, arrivaient au camp une douzaine de soldats français avec quatre Jeeps qui avaient été débarquées en Normandie. Ils avaient traversé les lignes allemandes du Nord de la Loire pour arriver chez nous car les troupes étaient en relation avec les maquis.

Le lendemain, un officier nous dit : « je veux faire une petite attaque ». Il demanda quelques volontaires, alors toujours les mêmes, Ladoumègue, Laurel, Rodrigue et Spada avec deux Jeeps.

Nous nous sommes postés dans un champ à vingt mètres de la route de la Chapelle à Yvoy le Pré. Nous avons laissé passer le gros du convoi et attaqué l’arrière avec du plastique et la mitrailleuse jumelée qui était fixée sur les Jeeps.

Sans attendre le retour du convoi, nous avons démarré à vive allure pour aller nous camoufler au plus vite dans la terre. Ils ne pouvaient pas nous voir, vu la poussière que nous dégagions.

 

Et toujours, ce tabac

Le lendemain, le tabac manquait toujours et certains rouspétaient, alors Laurel, Hardy et quatre maquisards décidèrent d’aller au bureau de tabac d’Oizon car Laurel avait déjà travaillé dans la région et ce dernier connaissait bien. C’était un café et ils en profitèrent pour boire un petit verre. La porte était gardée par une sentinelle. Tout à coup, une traction avant avec quatre allemands venant d’Aubigny débouche à 100 mètres. Les maquisards sortent du café et se cachent autour des maisons. Bien évidemment, les Allemands descendent de leur voiture et la fusillade commence. Un Allemand tombe tout de suite à terre et les maquisards se sauvent en reculant et tirent en même temps. Le chef de bande Tito, se cacha derrière un puits sur la place, mais les Allemands l’avait vu, ils ne pouvaient l’atteindre, mais ils dégoupillèrent des grenades et les lancèrent derrière le puits. Il a été touché et il a reçu de nombreux éclats dans le dos ; les Allemands repartirent sur Aubigny, peut-être chercher du renfort.
Les maquisards emmenèrent leur blessé et repartir pour le camp, tous très fatigués. Il a fallu nous rendre à « la Surprise » sur la nationale pour téléphoner à une ambulance afin de conduire notre blessé à la clinique Malgras à Bourges afin d’extraire ces éclats. Puis, il est revenu à l’hôpital clandestin de Parassy.

Les allemands sont bousculés de toute part dans le département, sur toutes nos routes.

Et voilà le 04 septembre 1944.

Alors le Colonel COLOMB décide en accord avec d’autres secteurs du département de libérer Bourges.

 

 

1 janvier 2000

Papy Georges 13

les mémoires de Papy Georges 13. le tabac.

 

A Ivoy, on s ‘organise…

Pendant ce temps, le camp de triage formait toujours des groupes qui se répartissaient dans toute la forêt d’Yvoy.

Bientôt vingt groupes étaient prêts à harceler l’ennemi tel que le groupe Robert, 18 juin 40, Birakeim, Valmy, Sébastopol etc……………….

Rodrigue, Robert Laurel et moi-même « dit Spada » avions réquisitionné la traction avant de Mme ROUSSEAU à la Chapelle d’Angillon et en revenant par Ennordres, nous nous sommes arrêtés au Tabac pour ceux qui restaient au camp.

Lorsque nous sommes rentrés chez le buraliste, il n’y avait pas de tabac car à cette période étaient instituées les cartes pour en obtenir. Il nous a promis de nous en garder dans quelques jours et nous sommes sortis.

Pendant ce temps, Robert qui gardait la porte nous dit « Attention les Allemands arrivent ». En effet, un convoi passait sur la petite route de Presly, Ennordres, les Allemands choisissaient les petites routes car sur les grandes, ils se faisaient mitrailler. Le buraliste nous a fait sortir par son jardin et cria brusquement « mettez-vous à plat ventre, les Allemands passent » et cela a bien duré environ une demi-heure.

Notre voiture n’avait pas de laissez-passez. Sur le siège arrière, il y avait même une grenade.

Pendant ce temps, dans le jardin, nous rampions dans les rangs de pommes de terre, un coup de feu parti, c’était la carabine de Robert qui s’était accrochée dans les fanes de pomme de terre. Tous les quatre, nous avons réellement cru que nous étions encerclés et les camions et engins de toutes sortes continuaient leurs bruits infernaux ce qui avait permis d’atténuer notre coup de feu involontaire.

Après un certain temps, le buraliste est monté dans la voiture et a contourné le village puis nous a rapporté le véhicule. Il nous dit « partez maintenant car vous allez nous faire fusiller ».

Ce jour là, nous avions encore eu une drôle de peur.

Puis nous sommes retournés au camp sans le tabac bien évidemment. Ceux qui ne sortaient pas souvent et, tout particulièrement le grand-père qui s’occupait de la cuisine, n’étaient pas très contents.

 

1 janvier 2000

Papy Georges 12

les mémoires de Papy Georges 12. les parachutages.

Soit loué, le ciel…..

 

Les parachutages.

 

Pour le premier parachutage, il fallut demander à trois cultivateurs voisins de venir la nuit avec leurs charrettes afin de rouler les containers. Au début, ils étaient chargés d’armes. Les cultivateurs n’étaient pas tellement d’accord car ils avaient peur que l’occupant fasse brûler les fermes. Il y avait jusqu’à trois parachutages par semaine, et les cultivateurs s’étaient enhardis.

C’est le Colonel COLOMB qui apportait l’heure du parachutage car ce dernier écoutait les messages à la radio. Exemple de message tel que : « La grenouille veut se faire aussi grosse que le Boeuf » ou « Paul viendra trois fois ».

La première fois, nous n’avions pas de torche, nous avions allumé trois feux sur cent mètres. Les avions passaient une première fois au-dessus des feux et un deuxième passage avait lieu en tenant compte du vent, ils larguaient leurs containers attachés aux parachutes afin de limiter les dégâts.

La deuxième fois, c’était mieux, plus de feux. Ils nous avaient parachutés de grosses torches. Les containers mis dans la forêt, il fallait déballer leur contenu dès le lendemain.

A l’intérieur, nous pouvions y trouver des armes, des chaussures, de l’habillement; plus tard, de l’essence et toujours, le nombre de parachutistes grossissait.

Un matin, Rodrigue et moi allions à St Martin chercher avec un sac à dos de la viande chez Pierrot NOURRISSET car tout cela faisait un nombre important de personne à nourrir.

Notre cuisinier était un homme de cinquante ans, il cuisinait pour tout le monde. Et quand nous avions fait une virée dans la journée, la nuit nous nous reposions.

Il y avait toujours des parachutages. Un jour, l’avion passa en larguant des containers et des hommes. Trois parachutistes ont été déviés par le vent et un capitaine qui s’était accroché à un chêne eut le bras cassé. Nous l’avons transporté au Château de Parassy qui servait d’hôpital clandestin.

Une autre fois, une vingtaine d’hommes furent parachutés, des Anglais et des Français. Je me souviens, j’étais en bordure du terrain avec Laurel pour garder les abords, j’entendis un bruit, c’était un parachutiste qui était percher en haut d’un chêne, il avait réussi à décrocher son parachute et il descendait rapidement avec sa carabine pliante qui était déjà armée.

Il nous dit « le caniche laisse pousser sa barbe» il nous dit ok et il ouvrit sa boite de cigarettes puis nous le rapatrions au centre du terrain, puis au camp le lendemain matin.

Un autre parachutage s’effectue avec une vingtaine d’anglais et le lendemain un autre arrivage avec beaucoup d’appareils émetteurs. Ils se mettent dans la forêt à 700 ou 800 mètres de notre camp, pour transmettre à Londres divers messages sur les mouvements des troupes allemandes.

 

1 janvier 2000

Papy Georges 7

les mémoires de Papy Georges 7. maquis1

Le Maquis FFI-CHER-NORD 1.

 

 

INCORPORATION AU MAQUIS – 1erJuin 1944

Pierrot me dit « tu rejoindras le maquis ce soir, tu passeras à Menetou, tu prendras Jean CAMUZAT, Robert FLUTEAU et vous vous rendrez à la « Grange de Rogerin » à Parassy ». C’était une ancienne ferme et à stabulation libre qui appartenait à un habitant des Aix d’Angillon. C’était le 1er juin 1944.

Là-bas, il y avait une douzaine de résistants avec des armes. Pendant huit jours, nous avons appris à démonter et remonter les armes. C’était le démarrage du maquis.

Il fallait se cacher de temps en temps car un petit avion de l’aéroport de Bourges avec des Allemands surveillait la forêt afin de débusquer les maquisards.

On circulait avec des vélos dans l’allée du camp et on allait jusqu’à la route des Aix à Henrichemont. On pouvait voir sur le sol des traces de roues.

Tous les huit jours par sécurité, il fallait déménager.

 

 

Alors, nous avons déménagé aux «Rayurettes» à environ dix kilomètres. Là, c’était une très grande cabane de vigne au beau milieu des champs, tous les jours, arrivaient des maquisards et le groupe grossissait. Il fallait nourrir tout ce petit monde, et pour cela on se rendait à la ferme de BEAUMONT chez Monsieur VANNIER chercher un seau de lait, des légumes, des œufs pendant que d’autres maquisards allaient chercher du pain. La cabane était cachée dans un bois de sapins. Par la suite, Monsieur VANNIER fit partie un peu du maquis. Il ne fallait pas trop se faire voir le jour et c’est pourquoi nous faisions à manger la nuit pour que la fumée ne puisse être aperçue.

Ca ne rigolait pas à cette époque, je me souviens qu’un maquisard ayant trop parler fut condamné à aller tuer le chef de la milice Monsieur THEVENOT à Bourges. Il fût conduit jusqu’à la Butte d’Archelet avec la traction de Pierre CLEMENT. Ensuite, il a continué avec un vélo et il attendit le chef de la Milice à sa porte, fit son coup, puis fila rejoindre la traction pour retourner au plus vite au camp. De ce fait, il fut gracié.

1 janvier 2000

Papy Georges 4

les mémoires de Papy Georges 30. vers l’Allemagne.

Jean THIBAULT m’a donc conduit à la gare de Bourges avec une grande valise, Direction Paris et j’ai couché à la caserne du Mortier.

Le lendemain, des cars nous ont transportés à la gare du Nord car nous devions retrouver d’autres réquisitionnés qui arrivaient de partout.

Un train complet pour l’Allemagne, premier arrêt à Strasbourg. Nous avons bénéficié d’une demi-journée d’arrêt car ce train complet passait entre les autres trains. Ainsi, nous avons pu visiter Strasbourg ainsi que les pâtisseries de cette ville.

Dans la nuit, nous sommes repartis jusqu’au pont de kehl qui traverse le Rhin. Ce pont avait déjà été bombardé et reconstruit en bois. En conséquence le train ne pouvait pas rouler au-delà de 10 kilomètres à l’heure.

Le Rhin était très large, environ un kilomètre.

 

Arrivé à Essen dans la Ruhr, vers 21 heures, les sirènes annonçaient l’alerte. Le train s’arrêta donc sur les voies, des déportés se sauvaient en ville pour trouver des abris.

Moi, j’étais avec un autre gars, on descendit et, immédiatement, on s’est caché sous le wagon, la tête sous l’essieu. Le bombardement commença, les avions volaient très bas car la DCA tirait à la mitrailleuse. Quand les bombes s’abattaient, on aurait dit que le train sous lequel on se protégeait changeait de voie, tellement la trépidation était forte et ceci dans un vacarme infernal.

La peur me prit : j’avais repéré un caniveau en béton sur le bord de la voie ferrée qui faisait 80 cm de large, je me suis mis dedans, toutefois mes bras et mes pieds n’étaient pas abrités, ils dépassaient. Un éclat d’obus m’a blessé le pied, je me souviens encore de cette brûlure que j’ai ressentie au pied.
Le bombardement terminé, nous sommes repartis deux heures plus tard car la sécurité contrôlait les voies pour voir s’y elles n’avaient pas été endommagées.

voir ce site à propos des bombardements d’ESSEN


Nous sommes donc arrivés véritablement le lendemain en Allemagne.

les bombardements des villes allemandes

 

28 mai 2025

25 Août 1944 Route de Saint Michel à bourges

Extrait du journal "LE BAZOUKA'

Du 23 Février 1946.

 

 Un épisode de la résistance berruyère, mal connue,  sujet aux légendes, est la disparition de nos regrettés camarades Vernier et Chantelat tués dans la lutte contre la milice

La cruelle journée du 25 août 1944 débuta par la capture par les Allemands de notre matériel de parachutage d'une voiture, celle de M. Losier, juste en face du PC du secteur de Bourges.

Après une nuit sur le terrain dans l'attente du Lancaster à 20 km de Bourges, c'était déjà un pénible réveil.

À 11:00, une réunion de l'état-major était prévue au PC chez le boulanger Brunaud rue Édouard Vaillant.

Plusieurs questions étaient à l'ordre du jour : outre les destructions de voies ferrées qui devait se poursuivre et le remplacement de notre matériel capturé le matin, il y avait la délicate question du déplacement du PC. En effet, les allées et venues de plus en plus fréquentes des chefs de groupe et des agents de liaison avaient  déterminé le capitaine Robin à changer l'emplacement du PC ou tout au moins opérer une décentralisation prudente.

À 11:00 le Capitaine  Robin arrive. Il trouve à la boulangerie le sous-lieutenant Tissier ainsi que le sergent chef Lesage et quelques camarades. Puis, le sous-lieutenant Vernier entre, accompagné d'un jeune inconnu.

Le commandant du secteur interroge tout de suite le nouveau venu :

– Qui êtes-vous ? Et que voulez-vous ?

– Je suis du maquis de Poitiers et je viens de la part du commandant chef de la résistance là-bas et dont le nom est inconnu. J'ai avec moi un stock important d'armes et quelques hommes. Je suis envoyé pour faire sauter la milice de Bourges. Mais, pour cela, je n'ai pas assez de monde et si vous me prêter quelques hommes, je les munirai d'armes.

– Comment se fait-il que vous vous adressiez directement au commandant du secteur de Bourges et non pas au chef départemental ? Comment avez-vous pu entrer en contact directement ? Comment se fait-il que vous veniez de Poitiers pour vous occuper de choses qui sont dans un secteur que vous ne connaissez pas ?

– Parce que là bas les Allemands et les miliciens sont enfuis.

Mais, ce jeune homme éviter d'expliquer comment il était entré en contact.

Certaines questions le gênaient visiblement.

Le capitaine Robin reprit :

– Comment avez-vous pu amener vos hommes et vos armes de Poitiers jusque dans le cher ?

– En camion et en voiture.

– Comment avez-vous opéré ce déplacement, la nuit, par quelle route ?

– Non, de jour, sur les grands itinéraires et en convois.

Dès ce moment, la conviction du capitaine était faite : l'homme que nous avions en face de nous était un milicien. Il était en effet impossible de circuler librement sur les itinéraires décrits ; ou bien les Allemands en retraite les auraient  arrêtés d'abord pour leur confisquer leurs véhicules, ou bien les maquisards des régions traversées les auraient immanquablement  attaqués.

Il fallait arrêter ou abattre ce dangereux visiteur. Mais la chose n'était pas sans risques car le lieutenant vernier avait averti le capitaine Robin que notre homme  n'était pas seul, qu'il était venu en voiture avec un camarade qui attendait derrière le PC bd Chanzy en face de chez monsieur Durand huilier. Donc, le PC était découvert. Il fallait arrêter les deux hommes simultanément et les conduire en lieu sûr pour les interroger sur les circonstances qui les avaient amenés à découvrir l'état-major de Bourges.

Le capitaine qui revenait de la ville n'était pas armé. Aussi faisait-il des signes avec les doigts d'une main, signes rappelant l'usage d'un pistolet. Tissier, le premier, le comprit, s'excusa et sortit. Il revint au bout de 30 secondes avec un superbe colt 11,25 mm.

L'interrogatoire continuait:

– Où sont vos hommes ?

– Près  de la rivière du Cher, dans les environs de St Florent Ste Thorette.

– Voici une carte d'état-major ; fixez vous-même l'endroit.

– Dans cette région là, dit-il après quelques recherches.

– N'avez-vous pas été inquiétés dans cette région ?

– Non.

– Montrez-moi vos papiers.

– Je n'en ai pas. Je n'ai qu'un brassard FFI.

– Bien, je vous remercie.

Le commandant du secteur se lève.. Le milicien et les assistants également. Puis, prenant le revolver que Tissier lui tendait sous la table, le capitaine couche en joue notre homme : " fouillez-moi cet homme".

Aucun papier mais un pistolet automatique espagnol (très répandu dans la milice).

– D'ou vient ce pistolet ?

– Mais, du maquis. Nous l'avons reçu d'un parachutage.

– Il n'a jamais été parachuté d'armes espagnoles. Vous êtes suspect et prisonnier. Nous allons vérifier vos déclarations. "Lesage, tenez cet homme en respect, je m'occupe de l'autre".

Et, pendant que notre homme gesticulait, protestait de son innocence et de la façon dont était reçu un camarade d'un autre département, le capitaine s'en va trouver notre second larron qui était resté près de la voiture.

– Alors, vieux, tu attends ton copain ? Il est bavard et puis avec le capitaine qui lui ressemble je ne m'en sors plus. Ils s'en racontent!

Ça peut durer encore longtemps. Mais il ne reste pas là car le coin est infesté de miliciens. Rentrons en face chez l'huilier.

Aussitôt entré dans le bureau de monsieur Durand, Robin lui met le revolver dans les cotes. Monsieur Durand fouille notre homme qui proteste véhémentement. Brassard FFI parachuté, photographie de De Gaulle et un pistolet automatique espagnol. Pas de papiers. Exactement le contraire d'un vrai maquisard circulant en ville.

Mais il faut les évacuer au PC départemental, au maquis et les interroger à fond. Le moment est difficile. Il faut passer avenue nationale, traverser le pont de la voie ferrée et prendre la route de Saint Michel. Un convoi allemand passe à ce moment. Nous n'avons aucun véhicule sur place et le temps presse.

La solution est simple. Nous prenons leur voiture. Les numéros sont inscrits à la craie : remplaçons-les. Chantelat monte en avant, revolver au point. Un des miliciens conduira. Au moindre geste simulant une panne, ou ralentissant ou désobéissant aux indications données, ordre est de tirer sans hésiter. Derrière, vernier qui est le seul après le capitaine Robin à connaître l'emplacement du Poste de Commandement, armé d'un revolver, doit tuer à la moindre anicroche.

La voiture démarre et passe le pont sans encombre et se dirige route de Saint-Michel. Tout va bien.

 

Rendus méfiant, le capitaine Robin décide de ne pas prendre le repas de midi chez Brunaud. Tant pis pour les succulents plats cuisinés par Madame Brunaud. Excellente cuisinière, elle avait résolu de vaincre la maigreur de Tissier et y parvenait un peu chaque jour.

Après le déjeuner, le capitaine Robin et le lieutenant Tissier Se rendent chez Desgeorges qui était à l'écoute. En arrivant, il les avise d'un message passé de Londres à 12:30 : il y aura, le soir, un parachutage d'armes pour le secteur de Bourges.

Mais, au même instant, Lépinal arrive à vélo, toute essoufflé, et annonce l'effarante nouvelle : Vernier et Chantelat ont été tués route de Saint-Michel. La rue Édouard Vaillant est cernée par les Allemands et les miliciens. (À suivre).

NB: merci de nous faire parvenir la suite de cet article du BAZOUKA si, par chance, vous en détenez un exemplaire.

 

12 juin 2025

les Maquis, et après

Prise de parole de André PELET lors de l'AG de 2006

Bonjour à tous, Bienvenue à Menetou-Salon

Je vais, si vous le permettez vous faire un rapide historique de l'engagement de la 3ème compagnie devant Royan. Royan ce n'était pas Verdun mais ce n'était pas non plus une partie de campagne. La mission de la compagnie consistait dans son secteur à empêcher les allemands de faire des incursions dans la campagne pour se ravitailler. Malgré leur situation critique ils avaient conservé assez de mordant pour venir, lors de patrouilles de nuit, tester nos lignes et nous harceler de tirs d'armes légères. Lors d'un de ces engagements nous avons eu à déplorer la mort du soldat Petit, tué par balle. Ce jeune soldat était originaire de Brinon sur Sauldre.

C'est dans ce même secteur que le caporal-chef de Fumichon et le soldat Labbe ont été blessés par des mines anti-personnel, lors d'une patrouille de nuit. Un troisième soldat nommé Marin a été lui aussi grièvement blessé (jambes brisées). Ces mines, de fabrication allemande, bourrées de billes d'acier éclataient au niveau de la ceinture et provoquaient de graves blessures souvent mortelles.

 

A la mi-janvier nous avons été relevés et dirigés vers notre département d'origine et plus précisément à Aubigny sur Nère. Ce regroupement devait nous permettre de nous intégrer au 1er régiment d'infanterie dont les effectifs étaient incomplets. Celui-ci, cantonné à Saint-Amand Montrond avant l'occupation de la zone-sud, bien que dissous et désarmé par les allemands, avait réussi grâce à quelques volontaires décidés, à dissimuler un peu d'armement, du matériel et de l'habillement. Il prit ainsi part à nos cotés au siège de Royan avec un bataillon reconstitué.

Ce court séjour à Aubigny nous permit d’accueillir dans nos rangs quelques camarades issus de ce régiment et de la compagnie Surcouf. Nous étions désormais la 6eme compagnie du deuxième bataillon de 1er RI.

 

 Il nous fallait maintenant compléter notre équipement, notre matériel et surtout notre habillement très fatigué. La perception de tenues de combats modèle US -de GMC- de chenillettes de transport de troupes nous permit en quelque sorte de faire peau neuve. Cerise sur le gâteau la jeep du capitaine ! la plus belle des récompenses pour un officier de cavalerie sans monture. Brave capitaine, heureux comme un enfant à qui on aurait remis le jouet de ses rêves. Nous étions contents pour lui.

 

Nous avons donc dû pousser plus loin notre instruction :si la conduite des GMC ne posait pas trop de difficultés, il en était tout autrement des facétieuses chenillettes dépourvues de volant et dirigées à l'aide de palonniers. Enfin à force d’obstination nous avons réussi à nous doter de conducteurs confirmés, fiers de piloter de tels engins. Début avril, par train spécial nous avons quitté Aubigny pour rejoindre l'Alsace et notre intégration dans la 1ere armée du Général de Lattre de Tassigny. L'Alsace nous reçu avec un printemps d'une douceur exceptionnelle, croulant sous les fleurs des arbres fruitiers. Fin avril le régiment faisait mouvement vers l'Allemagne en empruntant à Khel le fameux pont de bateaux construit par le Génie et tenu par mes anciens collègues fusiliers-marins.

Traversée de la Forêt Noire sous la pluie et la neige : nous étions loin du printemps alsacien. C’est lors de cette traversée que nous avons côtoyé des troupes d'un autre age. Je veux parler de ces fameuses compagnies muletières surnommées par dérision ROYALE-BRELE-FORCE composées pour l'essentiel de Tabors Marocains.

Le soleil revenu, ce fut le débouché dans la plaine du Danube. Montés sur nos destriers d'acier, toutes sirènes hurlantes, c'était la chevauchée fantastique, la débâcle de l'armée allemande, l'hallali, la même déroute que nos armées en 1940.Des centaine de prisonniers allemands fatigués, hébétés ; des centaines de prisonniers français libérés, à pied le baluchon sur le dos, à cheval le Mauser en bandoulière, en car réquisitionné d'autorité, se dirigeaient vers la frontière française dans une joyeuse pagaille. C'était l’euphorie. Nous étions jeunes, nous étions joyeux, nous nous sentions lavés de la douloureuse et humiliante capitulation de juin 40. Poursuivant notre avancée nous atteignîmes Constance et son superbe lac le 8 mai 1945.

C'était la fin du grand Reich, de la tragédie humaine, de l'humiliation, de la soumission, des exactions. Nous pouvions enfin respirer.

Pour clôturer cette campagne victorieuse l'Etat-Major décida une revue de l'ensemble des troupes de la division. Le général de Lattre aimait le faste et ce fut fastueux.

 

Je plante rapidement le décor.

Devant nous une plaine d’une dizaine d'hectares à l'herbe rase, bordée sur deux côtés d'une forêt de sapins .A main gauche une colline incrustée de carreaux de faïence colorés représentant l'écusson Rhin et Danube de la surface d'un terrain de tennis.

A gauche dans la plaine, les régiments d'infanterie alignés en colonne par douze. A droite la cavalerie et ses blindés légers, un peu plus loin les blindés lourds. Dans le bas du carré l'Etat-Major de la division et les musiques régimentaires.

 

  • Arrivée de de Lattre en command-car
  • Cérémonie aux couleurs
  • Inspection par le général suivi des colonels commandants de régiment
  • Arrêt et salut devant la garde au drapeau
  • Arrivée devant notre régiment le 1er RI- il nous fixe du regard puis se tournant vers le général Bertrand, tout fier de ses étoiles toutes neuves, il lui dit « Qu'est-ce que vous foutiez dans le centre avec un régiment pareil ? »

Après l'inspection, défilé des troupes bataillon par bataillon au son de la marche Lorraine.

Cette cérémonie est restée intacte en ma mémoire et probablement aussi dans celle de mes camarades survivants.

Par la suite le régiment fit mouvement vers la Sarre en mission d'occupation. Fin novembre, l'ensemble de la compagnie moins quelques volontaires pour l'Indochine rentra en France pour être démobilisée à Orléans.

 

A l'heure ou il est de bon ton de parler de devoir de mémoire, je tenais à vous résumer de mon mieux les tribulations d'une poignée de résistants, issue des maquis du Cher-Nord.

 

Je profite de l'occasion qui m'est offerte pour saluer :

 

  • La mémoire du Colonel Colomb chef des maquis du Cher-Nord;
  • Du Capitaine de Pommereau qui mit un point d'honneur à nous accompagner jusqu'au bout du chemin;
  • De tous nos camarades disparus.
    Je demande une pensée pour nos grands malades: le Général Chouard qui commença sa carrière comme chef de groupe au maquis Cher-Nord;
  • Notre ami Olayat Croix de Guerre des moins de vingt ans pour sa conduite au feu.

    J'ai terminé. Pardonnez-moi si j'ai été un peu ennuyeux. Je vous souhaite une bonne journée et vous remercie de m'avoir écouté.

                                                                                                 André PELET

 

14 décembre 2013

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